De la femme parfaite à la femme audacieuse – Entretien avec Cindy Ghys

Je tenais beaucoup à rencontrer Cindy Ghys, à faire cet entretien avec elle et à récolter son témoignage, son parcours. Parce que c’est un parcours super inspirant, qui va parler à énormément de personnes. Un parcours où vie privée et vie professionnelle ont été intimement liées très tôt et ont évolué ensemble pour l’amener, aujourd’hui, à faire ce qui lui correspond vraiment, ce qui l’éclate.

Aujourd’hui, Cindy est coach, auteure, bloggeuse, conférencière. Le nom de son blog, ainsi que le titre de son deuxième livre, c’est sa marque, c’est aussi son message : « J’arrête d’être parfaite ».

Voir l’entretien en vidéo :
Si on reprend l’histoire au tout début, il faut remonter très, très loin. Je crois que toi-même tu ne sais pas exactement quand. Mais il y a cette première date déjà très marquante, quand tu as 4 ans, tu remportes ton premier concours national de piano. Rien que ça.

Oui, c’est vrai.

J’imagine bien que quand on fait de la musique à un tel niveau, il faut être perfectionniste. La musique ne supporte pas les fausses notes.

C’est ça.

Mais ce perfectionnisme-là, toi, il a envahi tous les domaines de ta vie.

Oui.

Pour qu’on comprenne bien cette notion de perfectionnisme, est-ce que tu peux nous dire à quoi ressemblait la vie de Cindy la parfaite ?

Cindy la petite fille parfaite, c’est la caricature de la petite fille avec les chaussures vernies, les collants blancs… Je ne ramenais pas un collant troué à la maison. Le collant, on le changeait parce que j’avais grandi. Pas parce que je l’avais troué.

La robe en velours, avec un tissu un peu noble, toujours bien repassée. Les cheveux très longs, le petit ruban dans les cheveux… Quand on voit les photos, c’est vraiment la petite fille que j’étais.

Et puis mon quotidien, en dehors de l’école, c’était… Mon temps libre d’enfant c’était travailler au piano et construire cette carrière. Me dire : plus tard… jamais dans le moment présent.

Depuis toute petite, me dire : je dois préparer mon avenir. Je dois avoir une carrière de pianiste.

Donc il fallait que je travaille dur. Que je fasse mes gammes et mes arpèges.

Et alors que les enfants de mon âge s’invitaient pour des goûters d’anniversaire, ou jouaient tout simplement au toboggan sur la place du quartier, ou apprenaient à se salir, à escalader un muret, ou je ne sais pas… Moi, je faisais mes gammes et mes arpèges.

Moi, j’étais au piano. En me disant : je ne suis pas dans le moment présent. Je suis dans l’avenir. Dans cette carrière de pianiste.

D’où ça vient qu’une petite fille pense en terme de carrière ? C’était quelque chose de familial ?

Alors, j’ai grandi dans une famille où la musique était présente au quotidien. Et je pense que j’ai très vite compris que c’était une manière pour moi – je pense qu’il y en avait d’autres aussi – mais j’ai compris que c’était une manière pour moi de rendre fière ma famille.

Parce que, lié au perfectionnisme, ce qu’on veut vraiment, c’est être aimé. On veut être parfait aux yeux des autres, parce qu’on veut être aimé.

Et donc moi, c’était ma stratégie pour être aimée.

Très vite, j’ai compris que si je voulais être aimée – j’aurais pu trouver d’autres moyens – mais je suis allée à fond là-dedans. De me dire : comme ça, je vais être aimée. Et on va être fier de moi. Je vais briller aux yeux de ma famille et des gens de qui je voulais attirer le regard.

Alors quand, à quel moment, pourquoi est-ce qu’il se provoque un déclic où tu décides d’arrêter d’être parfaite ?

Le déclic, c’est parce que ça a pris toutes les sphères de ma vie. J’ai grandi comme ça. Et c’était le perfectionnisme dans mon assiette, le perfectionnisme dans ma garde-robe, le perfectionnisme dans mon agenda, le perfectionnisme dans mes relations…

Quand je suis devenue maman, c’était juste plus possible. C’est-à-dire que là, j’ai vraiment perdu le contrôle.

Tout ce que j’ai gardé sous contrôle, ça a explosé parce que j’étais plus capable.

Déjà, je pense, j’étais épuisée. C’était vraiment épuisant d’avoir comme ça une vie sous contrôle. Dans toutes les sphères de ma vie. Et là, j’ai pété un plomb, en fait.

J’ai fait un burnout. Et je me suis dit que ce n’était pas moi. Ce n’était pas la vraie vie. Et ça a été un déclic.

J’ai demandé de l’aide.

Alors ça aussi, demander de l’aide, quand tu es perfectionniste, non… Tu dois… Tu ne dois pas montrer que tu es faible, que tu es vulnérable, tu dois…

Dire : « J’ai besoin d’aide. » Et le dire en parole. Et en acte le montrer, c’est vraiment…

Déjà c’est un premier pas, en fait, pour se libérer du perfectionnisme, d’être capable de dire : « J’ai besoin de quelque chose. J’ai atteint une limite. Je me sens vulnérable et j’ai besoin que quelqu’un intervienne. »

Donc j’ai fait du coaching. Et j’ai fait une thérapie brève. Et un jour, je ne sais pas pourquoi, j’étais prête à l’entendre, la personne avec qui je travaillais m’a dit : « Mais vous n’avez pas besoin que tout soit parfait, en fait ! Pourquoi est-ce que vous voulez être une femme parfaite ? »

Ce jour-là, j’ai compris. Je m’en rappelle : c’était un coaching par téléphone. J’ai raccroché. Et ma petite fille, je ne la laissais pas manger toute seule. Je ne la laissais pas apprendre toute seule. Parce que forcément, elle mettait de la purée partout. Et moi, j’étais le genre de maman : je donnais une cuillère et limite, entre deux cuillères, je tamponnais, comme ça, avec un mouchoir…

Donc je ne la laissais pas apprendre.

Quand elle était chez l’assistante maternelle, elle mangeait toute seule. Et très bien. Mais quand elle était à la maison, elle ne cherchait même pas à prendre la cuillère. Parce qu’elle avait compris que maman, ça la frustrait. Elle avait vu, dans mon comportement, que ça m’agaçait dès qu’il y avait quelque chose de travers.

Donc à la maison elle n’essayait même pas.

Et ce jour-là, quand j’ai raccroché, j’ai dit : c’est terminé que ce soit parfait. C’est pas la vraie vie. Je suis en train de me rendre malade. Et de rendre malades aussi les gens qui vivent avec moi. Et je lui ai donné la petite cuillère.

Ça a été mon premier pas. Je lui ai dit : « Tu sais quoi, tu manges toute seule. Je m’en fous, vas-y, mets-en partout, on nettoiera après. »

Ça a été mon premier pas.

Et ça a été gérable de voir qu’elle en mettait partout ?

Ça a été, petit à petit. J’ai commencé à lâcher du lest sur chaque domaine. Mais vraiment, ça n’a pas été…

En fait, un jour, je me rappelle, clairement, il y a eu un avant et un après. Mais quand même, après c’était un chemin. Où petit à petit j’ai dû lâcher des choses. Et après j’avais des retours en arrière…

Tu vois, après il y a aussi quand tu prends la voiture, tu es sur l’autoroute, tu rates la sortie… Alors ça, pour moi, c’était horrible ! Je devenais folle !

Et après, c’était : « Ben voilà, j’ai passé une journée pourrie ! » Alors que non, tu as juste raté une sortie d’autoroute, on se calme !

C’est juste un petit détour, en réalité.

C’est ça.

Alors tu parlais, par rapport à tes parents, du désir d’être parfaite pour être aimée. Là, tu es une femme mariée. Quelque part, ton mari, il a épousé une femme parfaite. Tu n’as pas eu peur de le décevoir ? De ne plus être aimée ?

Je crois que je ne me suis pas posé la question. Je pense qu’il a pris les devants. Parce qu’il s’est rendu compte que j’étais en train de m’épanouir. En lâchant ce perfectionnisme, j’étais en train de m’épanouir.

Et finalement il est comme retombé amoureux. De cette nouvelle femme qui était plus cool. Et qui finalement était fun. Et qui pouvait rire d’une situation où elle aurait pété un plomb avant, donc…

C’était mieux pour lui, je pense.

Finalement c’était mieux pour toi, c’était mieux pour tes filles, c’était mieux pour ton mari.

Oui, c’était mieux pour tout le monde.

On a vécu une anecdote, là, c’est très récent. Aujourd’hui, j’ai trois enfants. On a notre cadette qui aime courir dans tous les sens. Qui est vraiment la petite fille qu’on ne peut pas garder sous contrôle.

Qui revient avec les collants troués ?

Oui, c’est ça ! Qui m’aide, qui m’a beaucoup aidée et qui continue de m’aider à lâcher prise.

Et donc on était à la plage. Là, on est en avril, donc c’est une saison où on ne se baigne pas. Mais on y va juste pour se mouiller les pieds, etc.

Et puis on court le long de la plage. Et je lui dis : on fait la course ! À un moment donné, je décide : « Je passe devant toi. », pour la challenger un petit peu. Ça dure quelques secondes. Et je me retourne, et d’un seul coup je la vois dans l’eau. Avec de l’eau jusqu’au menton.

Et je me dis : « C’est pas possible ! » Je suis vite allée la chercher, pour la sortir de l’eau. Et je lui dis : « Mais qu’est-ce qui t’arrive ? »

Elle a trois ans ! Je lui dis : « Mais qu’est-ce que tu fais dans l’eau ? » Et elle me dit : « Ben, je voulais te gagner donc je me suis dit je vais plonger et comme ça je vais aller plus vite. »

Clairement, la Cindy perfectionniste qui voulait tout sous contrôle, avant, j’aurais pété un câble, en fait.

Parce que moi j’étais trempée. On n’avait pas de tenue de rechange. Et puis c’est quoi cette gamine qui ne sait pas se tenir ? Qui fait n’importe quoi ?

Et j’aurais voulu trouver un coupable. Forcément, ça aurait été mon mari le coupable parce que c’est lui qui avait préparé le sac de plage et qu’il n’avait pas pensé à mettre la tenue de rechange…

Et là, on a juste ri. On a pris des photos. Et mon mari me l’a dit : « Tu as tellement changé ! » C’est tellement agréable parce qu’aujourd’hui on rit, on prend des photos. Et c’est pas : « Voilà, c’est pourri, on rentre à la maison, c’est n’importe quoi. De toute façon c’est ta faute… »

Dans ce cas-là, la balade au bord de la mer se serait terminée en fiasco.

Ah mais vraiment, oui.

Alors qu’elle s’est terminée en photos et en éclats de rire.

C’est ça.

C’est génial !

Voilà.

Il y a autre chose que je t’ai entendue dire par rapport à cette période de burnout, c’est que tu avais pris un congé parental à ce moment-là. Je ne sais plus si tu étais enceinte de la deuxième, ou si elle était déjà arrivée…

C’était pour la première, oui. Et pour la deuxième aussi.

Et tu t’es retrouvée face à toi-même, et à une question que tu ne t’étais pas posée jusque-là, qui est : « Qu’est-ce que je fais de ma vie ? »

Oui.

Et qu’il y avait quelque chose de vertigineux dans le fait de te poser la question, et surtout de ne pas avoir de réponse. Comment est-ce que tu as trouvé, alors, la réponse à cette question-là ?

Finalement, c’est comme si j’avais toujours su ce que je voulais faire de ma vie. Parce que depuis toute petite, on me demandait : « Tu feras quoi, quand tu seras grande ? » Et je répondais : « Je vais faire du piano. »

Donc on pensait que j’étais quelqu’un de sûre. Que j’étais sûre de moi, vu que je savais ce que je voulais faire plus grande. Et en réalité, à ce moment-là, je me suis dit : « À part ça, il y a quoi dans ma vie ? À part le piano ? Si on m’enlève le piano, je ne sais pas qui je suis. »

C’était comme devenu mon identité, le piano. Et je pense que j’ai trouvé la réponse, déjà, en cherchant à aller bien. Parce que j’ai juste cherché à aller bien, moi, en tant que femme.

Je n’ai pas pensé activité, métier, etc. Au départ, j’ai juste cherché à aller bien. Et en allant bien, je me suis rendue compte que ça faisait du bien autour de moi. À mes amies, à mes voisines… Que je me transformais et que finalement, ce que je vivais, qui était personnel, était universel. Tout le monde a besoin de lâcher prise, c’est un message qui fait du bien.

Donc c’est juste une découverte pour moi, pour aller bien. Et après c’est : « Comment est-ce que je le partage ? Comment est-ce que je diffuse ça ? » Parce que ce bonheur-là, j’ai juste envie de le partager parce que je me rends compte qu’il y a plein de gens…

Il y a plein de gens qui ne se sentent pas concernés par mon message de « J’arrête d’être parfaite ». Et qui disent « Ben non, moi je veux que ce soit tellement ordonné. Ça fait partie de moi, je ne veux pas changer ça. » Et ça ne les rend pas malade.

La transition elle est là : c’est pas que c’est bien ou mal d’être perfectionniste. C’est : est-ce que ça te rend malade ou pas ?

C’est le degré de perfectionnisme.

Voilà, c’est ça.

Donc c’est comme ça que ça s’est fait, petit à petit. J’avais vraiment une vision d’y aller pas à pas.

Au départ, c’était : moi-même je fais appel à un coach, je fais une thérapie, etc. Parce que je veux aller bien. Je lis des livres, je me faisais des résumés, je soulignais…

Après, ben tiens, je vais écrire des articles à ce sujet. Je vais avoir mon blog. Et puis je vais en parler un petit peu plus largement. Et après, ah mais je pourrais peut-être en faire un livre ! Ah mais en fait je pourrais donner des conférences à ce sujet !

Voilà. Ça s’est fait petit à petit, et c’est devenu mon activité principale.

C’est ça. D’une façon naturelle. Avec l’envie de transmettre ce que toi-même tu avais appris, et acquis.

C’est ça.

N’empêche que du coup, tu n’es plus perfectionniste mais tu as remplacé ça par… Je ne sais pas quel est le mot que tu mettrais là-dessus… La détermination ? En tout cas, quelque chose de très, très fort. Parce que pour écrire tes livres, tu as été très vite, et tu as pu t’imposer une discipline assez rigoureuse : te tenir à tes horaires, même renoncer à ta série préférée, même laisser ton mari sortir avec les enfants pour pouvoir continuer à bosser…

Oui.

Où est-ce que tu es allée chercher cette détermination-là ?

Justement, c’est que j’ai compris qu’une personne perfectionniste, elle est tout noir ou tout blanc. Là tu es une bonne personne, là tu es une mauvaise personne. Ça c’est bien, ça c’est mal, etc.

Et j’ai réalisé que dans mon perfectionnisme, j’avais aussi des qualités. C’est-à-dire que parce que je suis perfectionniste – quelque part je le suis encore, c’est juste que ça ne me rend plus malade – j’ai le souci du détail. Je suis exigeante avec moi-même. Je vais jusqu’au bout de mes engagements.

Et ça, c’est parce que je suis perfectionniste finalement. Que j’ai ces qualités-là. C’est ce qui m’a permis de me discipliner. Et de me dire « Non, je veux aller au bout de ça, je suis déterminée. J’ai un engagement envers moi-même, je vais jusqu’au bout. »

Voilà comment j’ai réussi à aller jusqu’au bout.

J’ai juste lâché la partie du perfectionnisme qui me rendait malade et qui était : « Tu t’en demandes trop. Tu ne connais pas tes besoins, tu dépasses tes limites. T’es chiante avec les autres… »

Enfin voilà, tu vois ?

Parce qu’on pourrait se dire qu’il y a une frontière très, très fine, finalement, entre la petite Cindy qui, pour faire ses gammes, ne va pas aux goûters d’anniversaire de ses petits copains.

C’est vrai.

Et la Cindy qui reste à la maison pour faire son livre. C’est parce que ce qui est derrière ce choix est différent ? Ou parce que c’était plus mesuré ?

C’était plus mesuré. Et c’était une saison particulière. Où je sais qu’il y a une fin.

C’est-à-dire qu’avec le piano, c’était une exigence de tous les instants. Et de tous les jours, toutes les semaines, et de tous les mois, tous les ans.

Alors que là c’était vraiment une saison particulière. Où je sais que ça commence maintenant et, a priori, ça va se terminer dans six mois, dans un an. Donc on voit la fin. Et on est un peu dans un parcours, comme quelque chose de sportif. On voit la fin.

Tout à l’heure tu m’as demandé quel mot je mets en remplacement. C’est-à-dire quand on lâche le perfectionnisme, qu’est-ce qu’on devient après ? Pour moi, c’est l’audace. On devient audacieux/se.

Quand on est perfectionniste, on ne tente pas des choses. Parce qu’on a peur que ça échoue. On se dit : « De toute façon je ne vais pas y arriver. Donc ce n’est pas la peine. De toute façon ça ne va pas être l’idéal. Donc de toute façon c’est même pas la peine que j’essaie. »

Parce qu’on ne se contente pas, en plus, des petites victoires. Les petits pas, c’est pas suffisant. C’est tout de suite high level.

En lâchant ce perfectionnisme je suis devenue audacieuse. Parce que j’ai osé des petits pas. Et j’ai osé, potentiellement, échouer. Et ça, ça a été aussi un entraînement que j’ai fait. D’oser des petites choses, avant d’oser me dire que j’allais écrire un livre et oser transmettre mon message, il y a eu je vais oser dire à la boulangère que je veux une autre baguette parce qu’elle est moins cuite que celle qu’elle m’a donnée. Tu vois, c’était à ce point-là.

C’était pas possible, ça, avant ?

Oui, c’est ça ! J’ai vraiment dû m’entraîner. Oser dire, au restaurant, qu’en fait dans la salade qu’ils proposent à la carte, est-ce qu’on peut échanger le poulet par de l’avocat ? Voilà.

Et potentiellement, on pouvait me dire : « Non, ce n’est pas possible. » Donc potentiellement, je pouvais me confronter à ce qui, pour moi, était un échec, parce qu’on me disait « non ».

Je me suis entraînée à tenter des choses comme ça, dans mon quotidien. Et ça a construit ma confiance que j’étais capable d’entendre des « non ». Et que j’étais capable de faire des demandes.

J’ai progressé comme ça. Et je suis devenue plus audacieuse que perfectionniste.

Et il faut bien ça pour être entrepreneur.

C’est ça, oui.

Et dans ton parcours d’entrepreneur, aussi, souvent, quelque chose qui peut être compliqué à gérer, c’est l’entourage. Mais toi, ton mari était déjà entrepreneur.

Oui.

Est-ce que, pour toi, ça a été une chance, un fameux soutien ? Ou est-ce que ça a été quand même compliqué ?

Ça a été une vraie chance. Parce qu’on a vécu l’inverse, où moi j’étais salariée, et mon mari entrepreneur. Et je n’avais pas la mentalité de l’entrepreneur. Je ne comprenais pas que, quand moi j’avais terminé mon travail, le travail c’était fini. On rentrait à la maison, le travail c’était fini.

Lui, avec sa mentalité d’entrepreneur, il est toujours dans l’innovation, la créativité, le réseau… Et peut-être on est en train de regarder un film et : « Punaise, je pense à ça, je vais le noter. » Et moi, je ne comprenais pas ça.

À l’inverse, moi j’ai pu être un frein pour mon mari quand lui, il a commencé à entreprendre. Et donc moi, quand je m’y suis mise, ça a été une chance d’avoir quelqu’un qui comprenait que j’étais en train de changer de mentalité. Et que j’étais en train de me mettre à fond dans mon projet. Que ça comptait tellement pour moi que forcément ça allait un peu dans toutes les sphères de notre quotidien.

Et après c’est : parfois on mange entre amis, quelqu’un dit quelque chose et je pense « il faut que je le note, ça me fait penser à telle citation, tel livre… »

Finalement, on sait faire la part des choses, entre il faut arrêter de travailler. Le weekend, par exemple, nos téléphones sont éteints. On a une soirée dans la semaine où c’est vraiment soirée famille. Donc…

Mais, malgré tout, c’est quand même un mode de vie, d’entreprendre. C’est au quotidien, tout le temps, quelque part.

Mais où, du coup, vous vous comprenez l’un l’autre, quand même.

Oui, c’est ça, oui.

Pour conclure cet interview, si tu avais toi, un conseil en or que tu donnerais à quelqu’un qui ne s’épanouit pas pleinement dans sa vie professionnelle. Qui manque de sens. Qui ne se sent pas trop à sa place. Mais qui ne sait pas quoi faire, qui ne sait pas par où commencer, ou qui a trop peur pour poser le premier acte. Quel serait ton conseil à toi ?

Je pense que ce serait bien de faire la liste de toutes les choses que cette personne ne s’autorise pas. Au quotidien.

Et au départ, ça va pas être forcément quelque chose qui est dans la sphère professionnelle. C’est peut-être que je ne m’autorise pas à me faire un cadeau. Je ne m’autorise pas à prendre du temps pour moi, à recevoir un compliment et dire tout simplement « merci ». Je suis obligé de me dire « Non, peut-être qu’il ne le pense pas vraiment. Il voulait juste me faire plaisir. »

Voilà. La liste des choses qu’on ne s’autorise pas. Et commencer à s’autoriser. Parce que pour s’épanouir dans sa vie professionnelle, il faut vraiment s’autoriser. À prendre cette place, à exister, à oser. Ça passe par s’autoriser, tout simplement, les choses qu’on ne s’autorise pas.

Et quand on ne s’autorise pas, est-ce qu’on se rend compte qu’on ne s’autorise pas ?

Je pense que quand on ne s’autorise pas, on se rend compte sur le moment. Par exemple : « Tiens, j’aimerais bien prendre des vacances. Oui mais non. » Mais pourquoi non ?

Est-ce que c’est « J’ai pas le budget » ? Mais pourquoi ? Est-ce parce que oui, mais si, en fait, on regarde réellement combien ça coûte. Et qu’on fait un plan, peut-être sur plusieurs mois, et finalement c’est possible ? Mais pourquoi est-ce qu’on dit non, tout de suite ?

En réalité « J’ai pas d’argent, j’ai pas de temps, c’est pas possible », tout ça, ce ne sont pas des arguments valables. En réalité, c’est parce qu’on ne s’autorise pas.

Donc c’est presqu’une observation, une vigilance de tous les instants de voir ce qu’on fait, ce qui motive nos décisions. Pour faire ou ne pas faire.

Oui, c’est ça.

J’ai une petite anecdote à ce sujet, si on a encore le temps. Une dernière.

Bien sûr !

C’est assez récent, en plus.

Un matin, j’avais réservé la matinée pour les choses qui concernent la maison. Donc je dois aller faire le plein d’essence. J’ai dépensé 60 € pour mon plein d’essence.

Je suis allée faire les courses. J’ai dépensé, je ne sais pas, 150 € de courses.

Puis je suis passée devant une bijouterie et j’ai vu un bracelet que je trouvais vraiment beau. Et ça va très vite dans mes pensées. Je me suis dit : « Non, c’est pas pour moi. C’est pas prévu dans le budget. »

Et je suis revenue en arrière. Je me suis dit : « Mais pourquoi ? Pourquoi est-ce que je m’autorise à dépenser tant dans ma voiture ? À dépenser tant pour mon frigo, à dépenser tant pour ma famille, etc. ? Et je ne prends pas le temps de m’autoriser, une fois dans l’année – en plus, je venais d’avoir mon anniversaire quelques jours avant – de faire quelque chose juste pour moi ? »

Donc je suis retournée. Et finalement, j’ai acheté ce bracelet pas tellement… Je le trouvais vraiment beau, mais c’était aussi pour, comme marquer d’un acte, pour mon cerveau, qu’il comprenne : « Oui, tu as le droit de t’autoriser ce cadeau, de prendre ce temps pour toi et de faire quelque chose que, d’habitude, tu ne fais pas. »

Ça, c’est peut-être un détail qui aurait pu passer inaperçu. Mais dans mes pensées, maintenant, j’ai appris à me demander « Pourquoi ? Pourquoi, en fait, est-ce que tu passes et tu dis non tout de suite ? C’est quoi, l’origine de ce « non » ?

Et ça, c’est le fruit, justement, de tous ces coachings et de tout ce parcours, d’arriver à presque t’auto-analyser instantanément ?

Oui, c’est ça. C’est une nouvelle façon de penser. L’ancienne pensée elle existe toujours. Parce que c’est comme une autoroute dans ma tête. C’est le chemin que j’ai le plus emprunté pendant 25 années de ma vie. Donc forcément, j’ai plus de ce chemin-là que des autres.

Et quand on commence un nouveau chemin, dans son cerveau, c’est comme passer à travers une jungle. Au début, on va se prendre des ronces. Et le chemin, il n’existe pas trop.

Mais plus on passe par un autre chemin, plus ça devient un sentier et ça devient facile de passer par une nouvelle habitude, une nouvelle façon de penser.

Transformer le petit sentier de la jungle en nouvelle autoroute.

Voilà, c’est ça.

Et, comme tu dis, par tous des petits pas qui font que le cerveau… Tu as utilisé cette expression : « Habituer le cerveau à… »

Oui, c’est ça.

Lui montrer que c’est possible.

Éduquer notre cerveau.

 

Retrouvez Cindy sur son blog : https://jarretedetreparfaite.com/

 

 

Alors on danse – Entretien avec Laure Thirion

Il y a, dans le projet de Laure Thirion, un côté qui me parle beaucoup car il s’agit de mouvement. Et aussi le fait que c’est un projet qu’elle a construit en résonance avec elle-même. Avec qui elle est, ce qu’elle aime faire, avec tout ce qu’elle a à transmettre. Fruit de tout un parcours de vie. Alors il n’est pas fini son parcours. Mais jusqu’à présent, tout ce qu’elle peut apporter de meilleur, avec ce que la vie lui a appris.

Voir l’entretien en vidéo :

Un projet que tu as nommé Condansé. Qui s’écrit avec un « a » parce que ce projet s’articule autour de la danse.

C’est ça. C’est en effet une condensation d’activités autour de la danse. La danse qui a toujours été présente dans ma vie. Qui m’a apporté beaucoup d’équilibre, beaucoup de satisfaction, beaucoup d’épanouissement. Dans mon corps, et aussi dans mon état d’esprit. Dans ma façon d’appréhender la vie.

La danse, c’est un outil que j’ai envie d’utiliser pour aider en particulier les femmes – ce n’est pas du tout fermé aux hommes mais c’est quand même un univers plus féminin – à se recentrer sur elles, à ré-habiter leur corps, à se reconnecter à leur corps, à leur énergie. Et, par là-même, à se réaliser pleinement dans leur vie.

C’est pour moi un très bel outil de développement personnel, la danse.

Et qui te permet, comme tu dis, d’aider les personnes à se reconnecter. Mais tu crées aussi tout un monde autour de ça. Qui permet aussi de se rencontrer, ou de se retrouver en famille autour de la danse…

Oui, la danse c’est aussi du lien social. Et c’est un moment où on laisse au vestiaire tout ce qu’on a dans la tête. Sa vie, son quotidien. Tout ce qui peut nous encombrer, mentalement.

Et du coup on n’est que dans le corps. Dans l’émotion aussi, grâce à la musique. Et où on rencontre d’autres personnes qui sont peut-être dans les mêmes problématiques que vous, à un moment donné.

Du coup, ça crée du lien social. Ça permet aussi d’échanger, de communiquer avec l’autre de manière d’abord corporelle, physiologique.

Par exemple, les femmes qui viennent à mon cours du lundi matin, qui s’appelle « Les matinales Condansé » sont des femmes qui sont en transition professionnelle. Elles ont toutes cette même problématique de « Qu’est-ce que je vais faire demain ? Je suis à un entre-deux, à un tournant de ma vie. J’ai besoin de rencontrer d’autres personnes qui sont dans cet état d’esprit-là. Dans cette période de vie-là, dans ce moment de rupture-là. Pour échanger avec elles et partager autour de ça. »

Le fait de les réunir dans la danse avant, ça leur permet, déjà, de se détendre. C’est, je pense, la première chose à faire, quand on est dans un moment de rupture comme ça. Qui n’est pas toujours évident. Qui est assez délicat. Où on crispe plein, plein de choses dans la tête et du coup dans le corps aussi.

Le fait de les réunir dans un cours de danse pendant une heure, une heure et demie, où elles vont apprendre de nouvelles choses, elles vont se concentrer sur un objectif précis, un truc très cadré, elles vont lâcher toute cette angoisse, tout ce stress de « Qu’est-ce que je vais faire demain ? » Avec d’autres personnes.

Et du coup, elles vont lâcher prise, elles vont se détendre, et tout. Après, on se retrouve, on discute des projets de chacune pour créer du lien. Pour, parfois même, créer des alliances, des partenariats. Pour échanger sur des contacts, des conseils, sur des anecdotes… Et ça, c’est très enrichissant pour elles.

C’est un exemple de ce que peut apporter la danse. En tout cas dans ce que je fais, moi.

C’est ça. Alors je disais « fruit d’un parcours ». Parce qu’avant de créer et de développer cette activité, tu as été salariée. Assistante de direction. Donc rien à voir. Qu’est-ce qui a fait le déclic, alors, pour changer de vie ?

Ce qui a fait le déclic, c’est un burnout, voilà. En effet, j’ai été salariée pendant 15 ans. Comme je t’expliquais avant, j’avais deux vies : ma vie salariée, qui me prenait… tout mon temps. Et à côté, j’avais ma partie dansée. Donc toutes mes activités autour de la danse. Qui prenait aussi beaucoup de temps, mais pas autant que mon travail.

Ça, ça me maintenait dans un bon équilibre, dans une bonne énergie. Mais, malgré tout, passer huit heures par jour dans un travail qui ne vous épanouit pas, dans lequel tu t’ennuies, où tu n’es pas valorisée, où… Moi, j’ai connu aussi la discrimination. Où tu as l’impression d’être en prison. Dans ton corps et dans l’espace…

C’est quelque chose que je n’ai pas voulu voir parce que je me disais : « Bon, j’ai ma vie dansée à côté. J’ai plein d’activités, et tout. Donc je peux tenir. »

Là, je ne m’écoutais pas, en fait.

Quand tu parles de ce sentiment d’être en prison, etc., c’est avec le recul que tu le vois comme ça ? Tu ne le sentais pas à ce moment-là ?

Si, je le sentais. Mais je ne voulais pas le voir. Je le sentais. Tu vois, je faisais des pauses, je sortais dehors.

J’arrivais à travailler correctement. Je répondais à mes objectifs, j’étais plutôt un bon petit soldat. Mais je me rendais compte que j’avais aussi d’autres choses à apporter.

Chaque fois que j’ai essayé d’apporter une idée, ou d’émettre une opinion, on me faisait entendre qu’en fait, j’étais juste là pour exécuter des tâches et c’est tout. Je n’avais pas forcément droit à la parole.

Ça, c’était très frustrant pour moi. Parce que je suis très créative, j’avais envie d’apporter aussi… De me sentir utile, de mettre du sens dans mon travail. Et je sentais que ce n’était pas mon rôle.

Donc ça, je pense que ça m’a un peu tuée, à l’intérieur. Donc j’étais très créative à côté. Mais ce n’était pas suffisant.

À un moment, j’ai eu un conflit avec ma hiérarchie. Qui me répétait, tous les ans : « Toi, tu n’auras pas de bonus, contrairement aux autres. Parce que tu ne rentres pas dans le moule. »

Ce n’était pas dit comme ça, mais c’était ça, la réalité. Et à un moment, j’ai dit : « Mais ça, ça me tue. Ça me tue ! »

C’est vraiment comme ça que je l’ai verbalisé, à la fin. Et trois jours après, j’ai eu mon accident.

J’attendais mon train, pour aller travailler. J’étais au bord du quai. Quand il a été indiqué « Train à l’approche », je me suis écroulée. J’ai perdu conscience. En une fraction de seconde.

Comme j’étais au bord du quai – chose que je ne fais plus jamais, parce que je ne suis pas suicidaire – je suis tombée sur les voies.

Donc c’est les gens qui m’ont sauvé la vie. Et ça, ça a été le vrai déclencheur.

Je me suis dit : « Maintenant, il faut vraiment que tu t’écoutes. Il ne faut plus que tu ailles vers des gens qui ne te correspondent pas. Ou dans des domaines qui ne sont pas faits pour toi. Peut-être que ta place, elle est ailleurs. Donc regarde dans ta vie ce qui t’a toujours donné du bonheur, de la joie, du plaisir. Qu’est-ce que tu sais transmettre ? Qu’est-ce que tu aimes faire ? Et qu’est-ce que tu n’aimes pas ? En quoi tu peux créer quelque chose avec ça ? Qu’est-ce que tu peux apporter avec ça ? »

Donc voilà, c’est le burnout qui a été le déclencheur. Immédiat.

Tu veux dire que la violence de ce qui t’est arrivé à ce moment-là était un peu comme sans appel ? Qu’il n’y avait plus à attendre, plus à réfléchir, qu’il fallait y aller ?

Oui, c’est exactement ça. Je ne pouvais plus ne plus me regarder en face. Je ne pouvais plus nier cette vérité. C’était tellement flagrant !

C’est-à-dire que là, je m’en suis même voulu. Je me suis dit : « Mon Dieu, comment c’est possible que je n’aie pas vu ça ? Ou que je n’ai pas voulu le voir, plutôt. »

Parce que je le voyais, mais c’est toujours délicat de se dire « ok, il faut que je changer tout ». Mais quoi ? Comment je fais ? Est-ce que je dois juste changer de job ?

Je savais au fond de moi que ce n’était pas juste changer un job. C’était tout changer.

C’est-à-dire que retourner encore une fois dans un poste salarié, c’était encore risquer de m’ennuyer, de refaire mes preuves, retomber dans ce même schéma.

Et je sentais que ce n’était pas le bon truc.

Donc ça voulait dire m’engager dans une entreprise beaucoup plus grosse. Beaucoup plus risquée, aussi.

Entreprise, dans le sens « changement de vie ».

Démarche, oui.

Et là, ça a été tellement fort, de me dire : « J’ai failli perdre ma vie. » Ou rentrer chez moi cul de jatte. Pour moi, c’est pire que la mort. Que non, maintenant, j’arrête. Tant pis, je prends le risque.

Si ça ne marche pas, je ne vais pas mourir. Là, par contre, j’ai failli mourir.

Oui, réellement.

Voilà. Donc, fais-le.

En même temps, du coup, tu te poses la question « Qu’est-ce que j’aime faire ? Qu’est-ce que je sais faire ? Etc. Et la danse a toujours fait partie de ta vie. Mais de là à… Comment mettre ça en place, comment transformer ça en une activité professionnelle rentable ? Comment t’es venue l’idée de développer, autour de la danse, le côté rencontre, networking et tout ça ?

J’ai juste regardé en moi. J’ai regardé ce qui était déjà là. C’est-à-dire que je me suis posé des questions super simples : « Qu’est-ce que j’aime faire ? Qu’est-ce que je suis susceptible de savoir faire, avec ce que j’aime ? Et qu’est-ce que j’ai déjà fait dans le passé qui réunit tout ça ? »

Et voilà, c’est tout. J’avais juste à ouvrir le livre et à regarder.

J’ai toujours dansé. J’ai voyagé, j’ai partagé la danse avec des enfants, notamment en Afrique du Sud, au Brésil, en Inde. Et j’ai vu qu’il y avait un impact sur eux.

Je l’ai fait comme ça, tout à fait naturellement et à mes frais, tu vois ? C’était juste une expérience que j’avais envie de faire. Donc j’ai tenté le truc, je ne me suis pas posé de questions.

Tout ça, après, j’ai revu tout ce que j’avais fait. J’avais créé une association sur la danse, quelques années avant, avec de super grands danseurs de tango argentin. J’avais une expérience là-dedans. D’organiser des événements. De créer des festivals, des séminaires, des cours, des stages…

Donc je me suis dit : « C’est déjà là. Pourquoi tu veux aller chercher plus loin ? »

Autre chose que tu me disais aussi, qui est assez fou dans ton parcours, c’est que tu étais plutôt timide, voire extrêmement timide.

Oui.

Et que, pour la danse, là tu étais capable d’aller vers les gens, d’aller rencontrer les gens, d’aller les chercher… De dépasser tes limites.

Oui, c’est ça, en fait. La danse, elle a répondu à ce besoin de cette enfant maladivement timide, de dépasser ça. De dépasser cette peur d’aller vers l’autre. De vivre.

Je pense que j’avais une peur de vivre, d’exister. Donc je n’osais pas le faire, j’étais tout en transparence. Comme une image qui s’effaçait. Je n’avais pas mes vraies couleurs, si tu veux.

Et la danse, elle m’a construite là-dessus. Elle m’a vraiment permis d’aller vers moi-même, en allant vers les autres, en organisant des choses, en me dépassant moi-même, sur certains projets que j’ai pu faire dans ma vie.

Je pense que le vrai « pourquoi », il est là.

Pourquoi je fais ça ? Parce que moi, ça m’a permis de sortir de cet état d’extrême timidité. Dans lequel je n’existais pas.

Alors je suis encore quelqu’un de très introverti. Et de timide. Mais quand même, ça va mieux. Et surtout, je l’ai accepté.

Parce que ne pense pas qu’on peut changer une vraie nature profonde, tu vois ? Ça, j’y crois pas trop. Mais par contre, on peut vivre avec. Et essayer de faire de son mieux. C’est-à-dire de s’améliorer par rapport à ça. Et d’y aller petit pas après petit pas. Comme dans une chorégraphie. Un pas après l’autre.

Et si c’est ta personnalité, c’est ok ! Tant que ça ne te met pas des barrières qui t’empêchent d’avancer, en fait.

C’est ça.

C’est ça, et j’y ai même vu des qualités, après ! Je me suis rendu compte que l’introversion extrême, ça m’a permis de développer une écoute empathique que peut-être d’autres personnes n’ont pas.

Et là, je me suis dit : « Mais en fait, c’est peut-être pas si nul que ça, d’être super timide. Ou d’être super introvertie. »

Il y a toujours les deux revers de la médaille.

C’est ça.

En même temps, du coup, une question qui me vient, puisqu’il y a toujours eu la danse. Et que tu avais déjà donné des cours. Tu as voyagé autour de la danse, pour te former. Tu as créé des événements, etc. Pourquoi est-ce qu’il y a eu cette case « salariat » ?

Oh ben parce que je pense que j’étais conditionnée, tu sais… Par la famille, l’école, la société…

Et puis je ne me sentais pas du tout à la hauteur. J’étais encore dans la période « je ne suis capable de rien, je suis très timide, j’y arriverai jamais… »

Donc il y a tout ça. Il y a le conditionnement de notre culture, de notre modèle social. Où on te dit : « Tu dois faire des études. » Et puis la voie c’est le salariat. Pour avoir un CDI. Pour avoir une sécurité, pour avoir ci, pour avoir ça.

Donc j’ai suivi ça, comme un bon petit soldat. Et je me suis rendu compte que je n’étais pas très heureuse là-dedans. Mais tu vois, ça a pris du temps.

Et puis je n’avais pas non plus autour de moi des exemples de gens qui s’étaient lancés, comme ça, par passion. Ou par leadership, ou… Je ne sais pas. Je n’avais pas ça autour de moi.

Donc j’ai suivi cette voie-là sans réfléchir, un peu comme un robot. De manière très automatisée, comme une petite machine. Et j’ai fait l’expérience.

Jusqu’à ce que la machine tombe en panne.

C’est ça.

Et du coup, une fois cette décision prise, puisque tu dis que trouver ce que tu voulais faire c’était facile vu que tout était déjà là, il suffisait de lire le livre. La mise en place s’est faite aussi. Ça a été aussi facile que ça ?

Le projet, il est né assez facilement. L’idée même, le cœur du projet, il est né à l’hôpital.

Tout de suite après ma chute, quand je me suis fait soigner et qu’on m’a mis le bras dans le plâtre, parce que je m’étais cassé le poignet. Là, je me suis dit : « Mais je ne vais pas pouvoir re-danser là, tout de suite ! »

J’ai même dit à l’infirmière : « Enlevez-moi ça, lundi je danse !

C’est là qu’on voit ses priorités.

C’est ça ! Et l’infirmière, elle m’a regardée avec des yeux comme ça. Elle s’est dit : « Celle-là, elle est complètement folle ! »

El là, j’ai compris. J’ai compris que la danse, c’est tellement indispensable pour moi que je ne peux pas imaginer un projet de vie sans ça.

Donc ça, ça a été facile. De trouver le domaine, l’outil qui allait me servir à créer mon entreprise.  À créer mon projet.

Après, la mise en place, ça m’a demandé beaucoup d’introspection. J’ai beaucoup réfléchi, je me suis formée, pour matérialiser ça. C’est-à-dire pour créer un site web, pour créer du contenu, réfléchir à la cible, au format de mes cours, ce genre de choses.

Donc ça, ça a pris du temps. Mais le cœur du projet, il est venu vite.

Ça a pris du temps, et j’ai envie de dire que les choses doivent toujours maturer, et que ça ne se fait pas en un jour. Mais est-ce que ça a été facile ? Est-ce qu’il y a eu des épreuves ? Qu’est-ce qui a été le plus difficile, pour toi, dans cette démarche ?

Oui, oui, il y a des épreuves.

La première difficulté – mais celle-là elle est petite, en fait, par rapport au reste – c’est la partie technique. Moi, elle m’a vraiment pris la tête.

Je m’étais formée pour créer le site, et tout. Mais se retrouver toute seule, après, avec ta machine, pour créer ton site, et tout ça… C’est juste de la pratique. Mais ça m’a pris la tête.

Après, par contre, là il y a des vrais… Il y a des vrais paliers à dépasser. Qui, là, venaient réveiller cette petite fille timide. Qui étaient la mise en avant : se mettre en avant, se rendre visible, se montrer.

Même si j’avais fait beaucoup d’efforts, et j’avais mis en place beaucoup d’actions pour mettre en place mon association, mes événements et tout ça… Là, j’étais toute seule pour créer mon entreprise. Il fallait que je montre mon visage, que je montre mon image. Et que je dise « Voilà ce que je fais ».

Ça, ça n’a pas été simple. Mais je n’avais pas le choix. Encore une fois, je me suis dit : « Je ne peux pas me cacher. Il faut que je le fasse. »

Donc ça, ça a été un premier pilier à dépasser qui n’a pas été facile pour moi. Ça l’est pour d’autres, et ils ont aussi d’autres difficultés, et voilà…

Je dirais que la visibilité, et le syndrome de l’imposteur, qu’on a tous, c’est les premiers blocages qu’il faut dépasser.

Et que tu as dépassés grâce à quoi ?

Grâce à la passion que j’avais dans le projet. Je croyais tellement au projet, ça me passionnait tellement, que de toute façon je me suis dit « Je suis obligée de le faire. »

Autant y prendre du plaisir. Je le fais à ma manière, tu vois. Je prends le temps de le faire, etc. Si j’ai besoin d’un mois pour créer une vidéo, je prends un mois. Par exemple, c’est plus simple pour moi d’écrire que de parler en vidéo. Donc je sais aussi quels sont les médias que je préfère utiliser pour communiquer. Mais si je dois faire une vidéo, je la fais quand même.

La preuve…

La preuve.

Je ne t’ai pas mis le couteau sous la gorge, non plus…

Non, non, pas du tout.

Ça aussi, c’est se connaître soi : savoir ce qui nous est le plus facile, qu’est-ce qui nous est compliqué. Pourquoi c’est compliqué. Et en quoi c’est important de les dépasser.

Il y a plusieurs fois, dans ce que tu dis, les mots « J’étais obligée. », qui revient. « J’étais obligée. Je n’ai pas le choix. » Liés à ça, en fait : d’une part, la violence de ce que tu t’es infligée avant et qui s’est matérialisé dans cet accident ; et la puissance du « pourquoi », du coup, tu te lançais dans cette nouvelle activité ?

Oui, c’est ça. Quand je dis « J’ai pas le choix. », on a toujours le choix. Mais quand tu es persuadé que tu es à un point de non-retour. Que tu vois que tu es à un point A et tu veux aller à un point B – tu connais bien ça – tu es à un point de non-retour et que voilà… Tu n’as pas 36.000 chemins pour aller à un point B. Même si c’est compliqué. Même si tu es « obligé » de le faire, tu vois…

C’est toi qui prends ta décision. C’est notre libre arbitre. Mais à un moment, si tu veux vraiment aller au point B, il y a des choses par lesquelles tu dois passer. Il y a des étapes que tu dois passer. Et il faut arrêter de se poser trop de questions.

Ou de se projeter tout le temps. On a cette tendance à projeter des choses qui ne sont pas forcément réelles. C’est notre propre réalité, mais… Se dire : « Voilà, si je fais une vidéo et qu’elle est ratée, qu’est-ce qu’on va penser ? »

Stop ! Au bout d’un moment, on arrête. On voit ce qu’on veut faire. Ce ne sera pas parfait, mais tant pis, on le fait. C’est en ça que je dis « Je suis obligée de le faire. »

Mais c’est un choix. Je ne me mets pas moi-même un couteau sous la gorge. C’est-à-dire que derrière, il y a un vrai plaisir à faire les choses.

Une vraie bonne raison, un vrai « pourquoi ».

Voilà, c’est ça.

Et justement, du coup, pour clôturer cet interview, la question que j’ai envie de te poser c’est : si tu te trouves face à quelqu’un qui sent bien qu’il n’est pas à sa place, qu’il manque de sens et de joie dans sa vie, mais qui soit a trop peur pour prendre une décision, soit ne sait pas quoi faire… Qu’est-ce que tu pourrais donner comme conseil pour, au moins, démarrer quelque chose ?

Je lui dirais… d’ouvrir ce livre intérieur. Juste de prendre un moment, seul. C’est comme un moment d’introspection. Et de regarder en lui.

Et je lui demanderais : qu’est-ce qui te fait plaisir, dans la vie, qu’est-ce qui te fait du bien, qu’est-ce que tu aimes faire, qu’est-ce qui te rend joyeux ? Elle est où, la joie, en fait ?

Souvent, pour moi, c’est un bon indicateur.

À partir de là, lui dire : pourquoi tu ne tenterais pas quelque chose dans ce qui te fait du bien ? Même si ce n’est pas forcément ouvrir une entreprise. Non, juste consacrer plus de temps à ça. Et voir comment tu peux t’épanouir avec ça.

Je dirais aussi que la vie est courte. Qu’elle peut s’arrêter du jour au lendemain, comme ça.

Donc je lui dirais de réfléchir à ça, et de regarder en lui.

Et voir pourquoi attendre.

Oui.

S’il y a une bonne raison.

Oui.

Retrouvez Laure sur son site : https://condanse.fr/

Sur Facebook : https://www.facebook.com/CondAns%C3%A9-Se-r%C3%A9v%C3%A9ler-par-la-danse-2000676536927273/

Je ne suis pas sûre d’y arriver – Trois questions pour mieux atteindre ses objectifs

« La » phrase qui tue nos objectifs

Voir l’article en vidéo :

Hier, par trois fois, j’ai entendu la même phrase : « Je ne suis pas sûr(e) que je vais y arriver. » Ou alors la variante : « Je ne suis pas sûr(e) que ce soit possible pour moi. »

« Je reconnais que c’est tout à fait possible pour les autres. Mais pour moi, je ne suis pas sûr(e) que ce soit possible. »

Ce qui me dérange, avec cette phrase-là, ou cette idée que « Je ne suis pas sûr(e) d’y arriver. » ou « Je ne suis pas sûr(e) que ce soit possible pour moi. », c’est que c’est comme si on se gardait une zone de repli.

Donc je vais tenter un truc. Mais je ne suis pas sûr(e) que ce soit possible.

De « Je ne suis pas sûr(e) » à « Je le savais »

Je vais tenter, mais alors il est fort possible qu’avec une idée pareille derrière la tête, au premier obstacle, ou peut-être au deuxième, ou peut-être au troisième, ou le jour où je suis de mauvaise humeur… Hop, je retourne dans ma zone de repli. En me disant : « Ben oui, de tout façon, je le savais. Je savais bien que je n’y arriverais pas. Je savais bien que ce ne serait pas possible pour moi. »

C’est ça qui est pourri dans cette phrase-là.

Les trois BONNES questions

Alors si tu as un projet. Et même si ton projet, c’est de trouver ton projet. Ou si tu as ton projet et que ton but c’est de le concrétiser, le matérialiser. Ou bien de le développer. Bref, où que tu en sois dans ton projet, ce que je t’encourage à faire, c’est à te poser trois questions :

  1. Est-ce que je reconnais que j’ai un choix ? Il y a un choix à faire. Par exemple : j’y vais ou j’y vais pas ?
  2. Est-ce que j’ai le courage de faire ce choix ? Parce que faire un choix, ça demande du courage.
  3. Est-ce que j’ai la force de m’engager dans ce choix-là ?

Le véritable engagement

Et t’engager, ça implique de laisser derrière toi et d’abandonner définitivement toute solution de repli. Donc toute possibilité que ce ne soit pas possible pour toi, ou que tu n’y arrives pas.

T’engager, ça va aussi impliquer de prendre des décisions, que ce soit de te faire aider, de surmonter tous les obstacles… Peu importe. Ce qui compte, c’est que tu t’engages à faire ce choix.

Et si tu en es à cette troisième étape, et que oui, tu es prêt à faire ce choix, alors je t’invite à poser un acte concret, qui montre cet engagement.

Qui peut être un investissement. Ou tout simplement de l’écrire et de l’afficher chez toi. Ou de le dire à d’autres personnes. Parce que si tu t’engages vis-à-vis d’autres personnes, ça ancre encore plus cette décision que tu as prise, cette force que tu as de prendre cette décision et ton engagement vis-à-vis de cette décision.

Et si tu veux créer la vie professionnelle qui te correspond et que tu ne sais pas quoi faire, ou comment faire, inscris-toi à mon webinaire (gratuit) : https://patriciakinesiologue.clickfunnels.com/webinar-registration

Pourquoi on n’en a rien à f*** de tes compétences

Il y a vraiment un truc qui me turlupine, et je me suis dit qu’il fallait absolument que je te le partage. D’où cet article…

Pour voir l’article en vidéo :

Cette chose qui me turlupine.

Cela fait plusieurs fois, ces derniers temps, que je me retrouve face à une même situation. Face à des personnes qui veulent se réorienter dans leur vie professionnelle. Et qui, du coup, font un bilan de compétences.

L’une des fois où ça s’est produit, il s’agissait d’une dame qui était venue me voir. Donc elle était chez moi.

Ce jour-là, j’étais d’humeur taquine, j’avais envie de jouer avec elle. Alors j’ouvre mon placard, je prends le balai, je le lui donne et je lui demande : « Montre-moi comment tu balaies. »

Ma version (taquine) du bilan de compétences.

Elle me regarde bizarrement, mais elle le fait quand même. Donc elle passe le balai. Et je lui dis : « C’est magnifique ! Tu passes super bien le balai ! Voilà une compétence que tu as qui est extraordinaire !

Du coup, maintenant, tu peux réfléchir à si tu veux balayer à l’extérieur ou à l’intérieur.

Si tu as envie de balayer à l’extérieur tu peux contacter les mairies, pour voir s’ils ont besoin de balayeurs de rues. Sinon tu peux contacter les entreprises de nettoyage. Ou tu peux créer ta société et être toute seule au début, puis embaucher d’autres gens, et grandir comme ça… »

Je pars un peu dans un  délire, parce que ça m’amuse. Mais je suis un peu toute seule à m’amuser, un peu toute seule dans mon délire. Et la dame, elle me regarde et… manifestement, elle n’est pas contente.

Au final, je lui dis : « Voilà, on sait exactement ce que tu peux faire, comment, où, etc. C’est parti, bim, vas-y. Est-ce que tu es satisfaite ? »

Pourquoi l’expérience n’a pas été concluante.

Et elle me répond : « Non, je ne suis pas satisfaite », bien sûr. Alors je lui demande « Pourquoi n’es-tu pas satisfaite ? On sait exactement dans quoi tu es compétente et à quelles portes tu peux aller frapper, etc. Et comment mettre en place, comment trouver un job, et tout. »

Et elle me dit qu’elle n’est pas satisfaite, « parce que je n’ai pas envie de faire ça ! »

Mais juste en le disant, elle a compris où je voulais en venir avec mon petit manège. Qui est qu’un bilan de compétences, je ne vais pas dire que ça ne sert à rien, mais ce n’est pas la priorité !

La VRAIE priorité.

La priorité, c’est de savoir ce que tu aimes faire, comment, avec qui, dans quel contexte, dans quel cadre… Quels sont tes rêves, quels sont tes besoins ? Qu’est-ce qui te fait vibrer ? Où est-ce que tu te sens vraiment à ta place, vraiment vivant ?

Et, de tout ça, faire une activité qui te permette de t’épanouir pleinement, aussi bien personnellement que financièrement.

Après, peut-être, parler compétences. Parce que tu peux te dire, par rapport à ce projet-là, que tu vas faire telle formation, parce qu’elle va t’apporter des compétences en plus, utiles pour ton activité. Ou telle formation parce qu’elle va te permettre d’affiner telle compétence que tu as déjà.

Mais cette histoire de compétence, ça vient après le « quoi faire ». Et ce « quoi faire », il ne correspond pas à tes compétences mais à ce qui vibre en toi, à ce qui t’anime et à ce qui va faire que tu vas être super heureux dans ta vie professionnelle.

 

À propos d’un rêve, de surf et de lâcher-prise

Je voulais, dans cet article, parler d’un rêve que j’ai fait cette nuit. Et surtout, parler de lâcher prise. Parce que dans ce rêve, j’avais un exemple parfait du lâcher-prise. Quand on est dans cet état-là, dans l’état de rêve où la frontière entre le conscient et l’inconscient est plus fine, lâcher-prise devient un jeu d’enfant.

Voir l’article en vidéo :

Ce rêve, de quoi s’agit-il ?

Je suis sur la plage, assise sur le sable, les pieds et les chevilles gentiment dans l’eau. Les vagues qui vont et viennent me lèchent régulièrement les pieds. Je ne fais pas vraiment attention à ce qui se passe. Je profite du moment, c’est tout.

À un moment, arrive une vague bien plus forte que les autres. Cette vague-là m’emmène. Ok, pas de problème. Je me retourne juste pour ne pas me la prendre en pleine figure, et pour me laisser porter par elle. En me disant qu’elle allait me déposer plus loin sur le sable.

Sauf que ça ne se passe pas du tout comme je l’imaginais. Au lieu de me porter plus loin sur le sable, donc au lieu de me porter plus loin horizontalement, elle m’emporte verticalement. Elle monte, elle monte, elle monte.

Moi qui ai le vertige, qui n’aime pas les montagnes russes et tout ça… Je suis mal. Et en même temps, à part laisser faire… Je n’ai rien d’autre à faire !

Laisser faire et essayer de calmer mon inconfort. Donc, je ne regarde pas en bas, tout simplement.

Puis arrive le moment où je sens que la vague ne va pas continuer à monter. À ce moment-là, deux choses se passent en moi :

  1. La peur que la vague m’emmène vers la mer et qu’elle me noie, qu’elle me submerge.
  2. La décision, en moi, qu’elle va gentiment, et même en douceur, me poser sur la plage.

Le lâcher-prise

Ça, c’est typiquement ce que j’appelle le lâcher-prise. Bien sûr, je ne suis pas la seule à l’appeler comme ça. Ce n’est pas ce que je veux dire.

Mais je constate souvent, chez les personnes avec qui je discute, et particulièrement mes clients, que le lâcher-prise est confondu avec le fait de « démissionner ». Avec le fait de ne rien faire. Or le lâcher-prise, ce n’est pas ça.

Le lâcher-prise, c’est pouvoir constater qu’une vague m’emporte. Elle est plus forte que moi donc je ne peux pas lutter contre.

Si je lutte contre cette vague qui m’emporte, je crois que

  1. C’est peine perdue.
  2. Je risque vraiment de me noyer.

Parce que je vais utiliser mes forces contre quelque chose qui est de toute façon plus fort que moi. Donc ça ne sert à rien.

Le lâcher-prise, dans un premier temps c’est ça : constater ce qui est et faire avec.

Mais ensuite, quand même, choisir où la vague va me poser. Si elle va m’engloutir ou si elle va me poser gentiment là où je décide qu’elle me pose.

Donc non seulement elle me pose, mais aussi comment elle me pose.

Encore une histoire de choix

À tout moment, on a le choix :

  • ce qu’on fait,
  • ce qu’on ne fait pas,
  • ce qu’on dit,
  • ce qu’on ne dit pas,
  • ce qu’on pense,
  • ce qu’on ne pense pas,

C’est toujours une question de choix. Nous avons toujours le choix de notre destin. Même s’il y a des choses plus fortes que nous, la façon dont on surfe dessus, ça, ça nous appartient.

On n’est jamais la proie d’autre chose, il n’y a pas de fatalité. Il n’y a pas « un truc » au-dessus de nous qui décide ce qui va nous arriver. On est toujours face à notre propre libre arbitre.

Le lâcher prise, c’est surfer avec la vie

Le surfeur, que fait-il ?

Il rame pour se rapprocher de la vague. Il y a des moments où il est au-dessus de la vague, des moments où il est en-dessous. Des moments où il monte, des moments où il descend. Et tout ça fait partie du surf.

Au moment où il rame, il ne se dit pas « J’en ai marre de ramer. » Non, ça fait partie du surf !

Le moment où il est au-dessus, où il est en-dessous… Tout ça fait partie du surf. Il n’y a pas un moment qui est à bannir. Ou qui est mieux qu’un autre. Surfer, c’est embrasser tout ça. Et même, prendre du plaisir à chacun de ces moments.

On récapitule

Lâcher-prise, ce n’est pas : je m’assieds dans mon fauteuil et je suis spectateur.

Lâcher-prise, c’est : je constate ce qui est et je décide de toujours rester maître de mon destin. De surfer sur la vague. D’accompagner la vague, mais de décider moi où elle m’emmène.

« I am the master of my fate,

I am the captain of my soul. »

William Ernest Henley

 

 

 

Qu’est-ce qui se passe si on n’incarne pas notre mission de vie ?

Ce que je veux dans cet article, c’est partager une pépite qui vient d’un w-e que j’ai passé à écouter Gregg Braden. Une pépite qui concerne notre rapport à notre travail, à notre mission de vie. Et notre devoir d’incarner notre mission de vie.

Voir l’article en vidéo :

Dans le premier paragraphe de cet article, j’ai utilisé tous des mots que j’évite habituellement. « Travail », « devoir », « mission de vie » sont des termes que je n’aime pas. Mais ici, ils ont pris pour moi une tout autre dimension. En tout cas, quand j’ai entendu Gregg Braden parler de tout cela, il m’a énormément inspirée. Et cela m’a aussi fait penser à beaucoup de personnes que je connais. D’où l’idée de cet article, afin qu’il puisse t’inspirer, toi aussi.

Gregg Braden

Avant d’entrer dans le vif du sujet, quelques mots sur Gregg Braden. Mon intention n’est pas de le présenter (si tu ne le connais pas, tu trouveras très facilement des infos sur lui). Je veux juste dire à quel point c’est un homme utile aujourd’hui. C’est un vrai cadeau, pour moi, qu’il existe, qu’il écrive des livres et qu’il donne des conférences.

La plupart des discours ambiants sont pessimiste, négatifs. Quand on parle de l’avenir de la planète, de l’humanité, on entend souvent des scénarios catastrophe.

Avec Gregg Braden, pas du tout. Sans qu’il soit complètement Bisounours, perché, déconnecté de la réalité. Au contraire, il se base sur une connaissance scientifique très pointue de l’homme, de la planète, des cycles de l’humanité, de la vie, etc., pour tenir un discours résolument positif et optimiste.

Pour dire ok, peut-être que la période qu’on vit maintenant est un peu chaotique, mais en même temps elle est merveilleuse. Et on va vers quelque chose d’encore plus merveilleux.

Ça, ça fait du bien de l’entendre, aujourd’hui.

L’histoire du morceau de musique

Parlons donc travail, mission de vie, etc. Et pour en parler, je vais rapporter une anecdote qu’il a lui-même racontée. Cette anecdote le concerne lui, et surtout l’un de ses amis musiciens.

Cet ami musicien avait composé un morceau depuis un certain temps, peut-être deux ans. Il ne l’enregistrait pas, il ne le diffusait pas, parce qu’il revenait tout le temps dessus. Ce n’était jamais assez prêt, assez parfait à son goût pour être enregistré.

Un jour, Gregg Braden et son ami sont en voiture et ils allument la radio. Qu’est-ce qu’ils entendent ? Le morceau de musique en question.

L’ami s’exclame : « C’est MON morceau de musique ! » Et Gregg Braden de lui répondre : « Non, c’est un morceau de musique qui est venu se présenter à toi. Tu n’en as rien fait. Il est donc allé voir quelqu’un d’autre. »

Ce n’est pas un phénomène unique !

Ce phénomène-là, j’en avais déjà entendu parler. Notamment par des auteurs qui disaient qu’ils avaient eu, un jour, une idée de livre. Puis, pris par d’autres choses à faire, par d’autres priorités, ils remettaient à plus tard. Ils gardaient cette idée quelque part dans leur tête, mais ils n’en faisaient rien.

Et un jour, ils se rendaient compte que quelqu’un avait écrit « leur livre ».

Qu’est-ce que cela signifie ?

C’est pas l’homme qui prend la mer…

Voilà ce qui se passe, en réalité, quand on a une idée. En réalité, ce n’est pas nous qui avons une idée, c’est une idée qui vient vers nous. Cette idée, si elle vient nous visiter, c’est pour deux raisons :

  • première raison : nous sommes LA bonne personne pour la matérialiser.
  • deuxième raison : le monde a besoin d’elle.

Quelle que soit l’idée en question. Qu’il s’agisse d’une musique, d’un livre, d’une conférence, d’une formation à mettre en place… Un projet dont le monde a besoin, que ce soit pour aider les adultes, les enfants, les animaux, l’environnement…

Peu importe le type d’idée, peu importe la façon dont elle va être concrétisée, une idée qui vient à toi, c’est une idée dont le monde a besoin. Et qui estime que tu es LA bonne personne pour la matérialiser.

Conclusion

Si tu as une idée, un projet qui te semble nécessaire pour le monde, et que toi tu as envie de faire. Cette idée-là, sur laquelle on peut mettre les mots « mission de vie », ou en tout cas ta mission de maintenant, si cette idée vient te voir, c’est que ta mission de maintenant, c’est de la matérialiser.

Parce que le monde en a besoin. Et parce que tu es la bonne personne pour le faire.

Je répète : tu es la bonne personne pour la matérialiser. Elle t’a choisi.

Ce qui signifie que si tu es traversé de temps en temps par des choses comme le syndrome de l’imposteur. Par des idées comme « je ne suis pas capable », « je ne suis pas à la hauteur », etc., c’est de la m…

L’idée, elle t’a choisi, c’est toi la bonne personne.

Même si tu te dis que d’autres font déjà ce à quoi tu penses !

Si elle est venue à toi, c’est que même si ça ressemble à ce que quelqu’un d’autre fait déjà, la façon dont toi tu vas matérialiser cette idée-là, elle est unique.

Elle a donc besoin de toi aussi pour être matérialisée.

Action !

Si tu as une telle idée, alors GO ! Il est temps de passer à l’action !

Et si tu te dis que toi, tu n’as pas d’idée. Que tu n’as pas été « élu(e) » par une idée pour la matérialiser, en fait si, certainement. On a tous notre unicité, on a donc tous quelque chose d’unique à offrir aux autres.

Ce qui peut arriver, c’est qu’on a des croyances limitantes qui nous mettent des bouchons dans les oreilles. Qui nous empêchent de prendre conscience de cette chose que nous avons à réaliser.

Si c’est ton cas, clique ici :

 

 

Le monde va-t-il bien ou le monde va-t-il mal ?

Je serais très curieuse de connaître ta réponse à cette question : « Le monde va-t-il bien ou le monde va-t-il mal ? »

En même temps, si j’écris cet article, c’est que vu le genre de conversations que j’entends autour de moi, la plupart du temps, je pense que la majorité répondrait que le monde va mal.

Pour tout t’avouer, je trouve la question complètement pourrie. Mais la réponse, elle peut être intéressante, éventuellement.

Voir l’article en vidéo :

Première réponse : le monde va mal

Imaginons que tu répondes : « Le monde va mal. » Je vais alors prendre deux secondes pour vérifier au tour de moi… Et je vois que je suis dans une forêt magnifique. Entourée d’arbres pleins de vie, et splendides. Je vois que le temps est magnifique, lui aussi.

Je vois que mon corps va bien : mes jambes fonctionnent, mes bras fonctionnent, mon cerveau fonctionne, ma respiration, mon cœur bat… J’ai passé une super journée. Dans une heure j’ai rendez-vous avec une amie. On va prendre l’apéro, je vais avoir de ses nouvelles… Je suis super contente !

Donc si tu me dis que le monde va mal, je vais te répondre que non, je ne suis pas d’accord.

Deuxième réponse : le monde va bien

Maintenant, si tu me dis que le monde va bien, je vais un peu élargir mon champ de vision. Et je sais qu’en même temps que je suis en train d’écrire cet article dans ce superbe cadre, il y a d’autres personnes qui ont peur, il y en a qui sont tristes, d’autres qui souffrent, il y en a qui subissent des violences, etc.

Donc non, le monde ne va pas tout à fait bien non plus. Il y a des choses dans le monde qui vont bien. Il y a des choses dans le monde qui vont mal.

Le verre à moitié vide ou à moitié plein

La façon dont nous regardons le monde, ce sur quoi nous portons notre attention, ça nous nourrit d’une certaine façon. Ça influence directement la qualité des émotions que nous vivons. Et ça fait qu’on nourrit ce sur quoi nous portons notre attention.

Plus on regarde ce qui va mal, plus on donne d’énergie à ce qui va mal, et vice versa.

L’éclairage d’une expérience

Une expérience a été menée avec deux groupes de personnes. Au premier groupe, on a montré un film plein d’émotions désagréables : violence, tristesse, peur, etc. Au deuxième groupe, on a montré un film plein d’émotions positives : joie, enthousiasme, solidarité…

Puis, ces deux groupes ont été mis face à un questionnaire. Ils avaient des petites énigmes à résoudre, des phrases à compléter, etc.

Le groupe qui avait visionné un film plein d’émotions positives a clairement été beaucoup plus créatif, a trouvé beaucoup plus de solutions, et plus rapidement.

Le fait d’avoir, avant, été baignés dans des émotions agréables, positives, constructives, les a mis dans une dynamique constructive pour, par après, trouver des solutions.

Du côté de notre cerveau

Si on regarde du côté de notre cerveau, tout cela est très logique. Quand nous sommes dans des émotions de peur, de stress, etc., c’est notre cerveau reptilien qui prend les commandes. Et lui, il ne connaît que trois choses : la lutte, la fuite, je reste figé (je perds tous mes moyens). Il est donc toujours dans la reproduction des mêmes schémas de comportement.

Or, pour pouvoir réfléchir, se poser et trouver de nouvelles solutions, on a besoin que notre cortex puisse avoir voix au chapitre. Pour ça, c’est bien d’être serein.

Et plus on est nourri de choses positives, plus notre cortex va pouvoir trouver de nouvelles solutions, de nouvelles idées, etc. Et la spirale positive est lancée.

C’est toujours une question de choix

C’est donc une question de choix : que décides-tu de nourrir ? Et pour toi, et pour le monde extérieur ?

Dans quelle dynamique décides-tu de t’inscrire ? Dans celle du marasme, du « tout va mal » ? Quel en serait le bénéfice pour toi et pour le monde extérieur ?

Ou alors tu te focalises sur tout ce qui se passe de bon, partout dans le monde. Parce qu’il y en a, du bon, à foison ! Il y en a plein des initiatives aussi bien individuelles que collectives qui véhiculent de belles valeurs et vont dans le sens d’un plus grand respect de l’humain, des animaux, de la planète, etc.

Toi, le changement et les autres

Parce que notre changement et notre entourage ne font pas toujours bon ménage, je veux, dans cet article, parler des mécanismes en jeu dans cette situation. Pour que, plutôt qu’une source de conflit, la réaction de tes proches soit plutôt un beau cadeau !

Pour voir l’article en vidéo :

Pourquoi les autres ne veulent pas que tu changes ?

Les autres, a priori, sont réfractaires à ton changement, et c’est normal.

La première raison à cela, c’est qu’en tant qu’êtres humains, biologiquement, chimiquement, au niveau de notre cerveau, le mot « changement », ça fait d’office un bug.

Notre cerveau reptilien, celui qui veille à notre survie, le changement, il n’aime pas ça. Parce que là, pour l’instant, tu es là. Donc tu es en vie. Donc lui il est ravi, il n’a rien à faire. Et surtout pas changer ! S’il existe des expressions telle « lâcher la proie pour l’ombre », ce n’est pas pour rien. C’est parce que nous ne sommes pas faits pour aimer le changement, en soi.

Et pourquoi toi, tu veux changer ?

D’ailleurs, en général, quand on change (et surtout s’il s’agit de gros changements, mais même pour des petits changements), c’est qu’on a eu un déclic. Qu’est-ce qui fait qu’à un moment on a ce déclic ? Qu’est-ce qui provoque ce déclic ? C’est une douleur !

Cette douleur, elle peut venir plus de l’extérieur : un décès, une séparation… Quelque chose qui fait qu’on se dit qu’il est temps de se poser les bonnes questions, de faire du ménage dans sa vie. Ou la douleur peut être quelque chose de plus interne : une maladie, un burnout…

En tout cas, il y a une douleur qui fait que tu décides de changer. Parce que cette douleur est plus importante que la difficulté que représente le changement.

Changer implique de sortir de sa zone de confort, vu que la zone de confort, c’est ce qu’on connait. Sortir de sa zone de confort est une douleur. Donc, en général, on change quand on a une douleur qui est plus importante.

Et les autres, dans tout ça ?

Oui mais alors, l’autre, qu’il s’agisse de ta femme, de ton mari, de tes enfants, de tes amis, ta famille, ton club de sport, que sais-je… Les autres, eux, ils ne vivent pas ce que tu vis.

Or, dans tout groupe, quelle que soit sa taille, il y a une dynamique de groupe. Il y a un équilibre qui a été trouvé dans le groupe. Donc si toi tu changes, forcément tout le groupe est obligé de changer. Tous les autres membres du groupe sont « obligés » de s’adapter à ton changement. Et évidemment, dans le couple surtout, c’est très, très fort.

Et l’autre, les autres, ils ne sont pas en train de vivre ce que tu vis. La douleur que tu vis, qui fait que sortir de ta zone de confort paraît plus confortable qu’y rester, eux ils ne sont pas là-dedans. Mais ton changement entraînant leur changement, ils n’ont pas de raison de vouloir te suivre.

C’est pour cela qu’ils peuvent avoir des réactions pas toujours positives. Parce qu’eux-mêmes n’ont pas envie de bouger, et qu’ils ne veulent pas que tu bouges non plus. Ils n’ont pas envie que tu fasses exploser leur équilibre qui pour eux, là, est juste confortable.

Ils sont dans leur zone de confort, ils y sont peinards. Toi, tu veux les obliger, par ton mouvement, à bouger aussi, et ça ne leur plaît pas.

Et donc, que font-ils ?

Ça dépend, bien sûr, du rapport que vous entretenez. Ça dépend d’eux : ce qu’ils ont vécu jusque-là, leurs peurs, leurs croyances, tout ça… Et ils te renvoient plutôt des objections.

Le piège

Alors que toi, comme on parle de gens que tu aimes, tu as envie qu’ils te soutiennent. Tu as envie qu’ils t’encouragent. Tu attends d’eux qu’ils te soutiennent et t’encouragent.

Il est là, le piège : si tu attends d’eux qu’ils te poussent en avant, qu’ils te disent « mais oui, vas-y, réalise ton rêve », tu es dans la m…

Parce que tu vas peut-être donner trop d’importance à cette attente que tu as vis-à-vis d’eux. Tu vas donner trop d’importance à ce qu’ils vont te renvoyer comme peurs, comme obstacles, etc. Et si tu tombes dans le piège jusqu’au bout, tu te laisses arrêter par leurs objections.

Et c’est ça qu’il ne faut surtout pas que tu fasses.

Je t’ai expliqué le pourquoi de leurs objections. Donc si tu as ça à l’esprit, tu sais que leurs objections ne signifient pas que tu dois t’arrêter. Elles ne veulent pas dire que tu dois renoncer à faire les changements que tu as décidés.

S’il y a des choses qui ne te conviennent pas dans ta vie, tu dois changer ces choses-là. Mais il n’y a que toi qui peux le faire. Il n’y a que toi qui peux décider de le faire. Toi seul, d’ailleurs, sais quoi, comment, où… Donc n’attends pas ça des autres. Et ne t’arrête pas en fonction des objections des autres, parce que personne ne peut t’arrêter, si ce n’est toi

Le cadeau

À partir du moment où tu sais bien ce qui se passe pour eux, et pourquoi ils te présentent ces objections, tu peux transformer ces objections en cadeau.

Il est évident que, quand tu parles de tes projets de changement aux gens qui te connaissent, aux gens qui t’aiment, ils vont te renvoyer des choses en fonction de qui ils sont, eux. Et en fait, c’est des choses qui te concernent, toi aussi.

C’est là qu’est le cadeau derrière tout ce qu’ils vont te renvoyer. Car tu peux les prendre comme des indices sur les parties de toi qui ont peur, les parties de toi qui doutent…

Par exemple : l’un t’interpelle sur le prix des formations, te demande comment tu vas payer tout ça, etc. Cette personne parle sans doute depuis sa peur du manque. Mais c’est le signe qu’il y a également une part de toi qui a exactement la même peur. Donc cette personne-là, plutôt que de réagir, de te justifier… tu peux la remercier. Tu peux lui dire merci car grâce à elle tu as pris conscience qu’il y a une part de toi qui a peur, en effet, de dépenser autant d’argent en formations. Et maintenant que tu le sais, tu vas pouvoir t’occuper de cette peur.

Un autre exemple : une personne bien intentionnée te fait remarquer que tu n’as plus ton cerveau de quand tu avais vingt ans, qu’à partir de tente ans la mémoire baisse drastiquement… Une réponse possible est : « Merci, grâce à toi, je sais maintenant qu’il y a une part de moi qui a peur de ne pas être capable, de ne pas être à la hauteur. Merci pour le cadeau, je vais pouvoir m’en occuper maintenant. »

Tout ce que les autres vont te renvoyer de négatif, sache que ce sont des parts de toi qui pensent la même chose qu’eux. Et ce qui compte, c’est de le savoir.

Parce qu’à partir du moment où c’est inconscient, ça te mène en pilote automatique. Et là, ça peut vraiment te mettre des freins. Alors que si tu sais que tu as ces parts de toi qui doutent, qui ont peur, qui croient que… ces parts-là, si tu les as à la conscience, elles ne peuvent plus te mener par le bout du nez. C’est toi le chef, c’est toi qui décides. Et tu peux avancer vers ce qui te parle, vers ce que tu as envie de faire.

Au secours, je craaaaaaaaque !

Et si on parlait de ces moments où on se sent au bord de la crise de nerf, où on pète un câble, où on craque, donc, ce qui nous donne envie de nous tailler, ou bien de mordre, ou de nous disputer, de crier, de casser…

Le but de cet article est de comprendre :

  • pourquoi ces moments-là arrivent,
  • comment les gérer au mieux,
  • que faire pour éviter que ça recommence.

Voir l’article en vidéo :

Les moments de crise

Ce genre de moment est désagréable, voire même destructeur, et pas que pour la personne en crise. Elle, elle se sent mal, parce qu’elle vit une émotion désagréable. Et les autres qui, par malheur, se trouvent dans les parages au mauvais moment, ils peuvent se demander ce qui leur tombe dessus. Ça crée des disputes, des tensions… Tout le monde en souffre !

D’où viennent ces moments de crise ?

Si on en est à vraiment craquer, à vraiment s’énerver, à ressentir une grosse colère, une grosse rage, c’est qu’on a accumulé un certain nombre de moments où nos besoins n’ont pas été respectés. Et que là, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Le déclencheur en question, ça peut donc être une bêtise. Un tout petit truc qui fait que soi-même on se demande « mais pourquoi est-ce que j’en fais toute une montagne ? ». Ou les autres vont nous dire « mais pourquoi est-ce que tu en fais tout un drame ? ».

Et c’est vrai que c’est peut-être pas grand-chose, ce qui s’est passé à ce moment-là. Mais c’est le principe de la goutte qui fait déborder le vase. Il n’y a pas besoin que la goutte soit très importante. Il suffit qu’elle fasse déborder le vase en question.

Tout ça pour dire que ce qui provoque la crise, c’est l’accumulation.

Que faire en cas de crise ?

Dans un premier temps :

RIEN !

S’il y a moyen, vraiment, ne fais rien. Pourquoi ?

Rappelle-toi : tu es en train de vivre un moment où l’un de tes besoins n’est pas respecté. En conséquence, au niveau du cerveau, c’est le reptilien qui prend les commandes. Lui, il se met en état d’alerte, comme si ta vie était en danger. Même si le besoin semble anodin, le cerveau reptilien le considère comme un besoin vital.

Une fois qu’il a pris les commandes, il ne te reste que 3 possibilités :

  • fuir (l’envie de se tailler dont je parlais au début),
  • lutter (donc déclencher une disputer ou casser la vaisselle),
  • rester figé (perdre tous ses moyens).

La seule chose à faire, donc, c’est prendre du recul. De toute façon, tu ne peux rien faire de bon. Tu n’es pas maître de toi-même et tu es incapable de réfléchir de manière constructive. Tu es dans la réaction, ce qui signifie « re » + « action », autrement dit tu répètes sans cesse les mêmes schémas autodestructeurs (selon que tu privilégies la lutte, la fuite ou le figement).

Alors que si tu peux aller te balader cinq minutes, ou écouter une musique apaisante, changer d’endroit et te recentrer… Alors la pression va diminuer, le reptilien va pouvoir lâcher l’affaire, et tu vas pouvoir à nouveau avoir accès à ton cortex, la partie du cerveau qui est capable d’envisager de nouvelles solutions.

Dans un second temps :

C’est alors que tu peux te poser LA question clé : quel est mon besoin qui n’a pas été respecté ?

J’ai pu constater qu’il n’était pas toujours facile de répondre à cette question. Pourtant, la liste de nos besoins n’est pas si grande !

Quels sont nos besoins ?

Premier besoin : respirer.

Il suffit que tu t’arrêtes de respirer pendant quelques secondes pour sentir que c’est un besoin dont tu ne peux te passer très longtemps.

Ce besoin est à prendre dans les deux sens du terme : la respiration de nos poumons, et aussi le fait de baisser la pression, de ne pas toujours être dans le faire et le devoir faire, etc.

Deuxième besoin : boire.

Je parle de boire de l’eau, bien sûr. L’eau amène l’oxygène à notre cerveau, elle élimine les toxines en tous genres (les toxines physiques, les émotions qu’on a besoin de faire passer…).

Troisième besoin : manger.

Quatrième besoin : la sécurité.

Il s’agit de notre environnement au sens large : la température, le fait d’avoir un espace où on se sent protégé…

Cinquième besoin : l’amour.

Ce besoin est fondamental, même s’il n’est pas physique.

Au 13e siècle, l’empereur Frédéric II a mené une expérience dont le but était de savoir si, en tant qu’être humain, nous avions une langue innée. Bien sûr, selon notre pays de naissance, nous apprenons au cours de notre enfance, la langue parlée par nos parents. Et donc par cette expérience, Frédéric II voulait savoir ce qui se passerait si on n’était pas influencé par la langue que parle notre entourage, si surgirait une langue innée (il pensait que ce serait soit le latin soit le grec, les seules langues pures à ses yeux).

Ils ont donc pris des nourrissons, qu’ils ont complètement isolés pour voir, quand ils allaient commencer à parler, quelle langue ils allaient parler. Ils étaient complètement isolés, mais tous leurs besoins physiques étaient comblés. Mais ces « soins » (les nourrir, les laver, les changer…) se faisaient en silence, et une fois exécutés, les nourrissent se retiraient.

Quel fut le résultat de cette expérience ? Tu penses peut-être que ces enfants n’ont jamais parlé… Et d’une certaine façon tu as vu juste, mais peut-être pas pour la bonne raison : ils sont morts !

La conclusion est sans appel : sans amour, on meurt. Les bébés, nourris de nourriture physique mais pas d’affection, ont péri.

Si tu en doutais, maintenant ce n’est plus le cas : l’amour est un besoin vital.

Au quotidien, ce besoin d’amour peut s’exprimer de manières différentes : par notre besoin d’être respecté, reconnu, écouté, compris…

Et puis…

Une fois ton besoin identifié, tu peux démarrer un dialogue intérieur : dans cette situation, mon besoin c’est… Il n’a pas été comblé. Qu’est-ce que je peux faire pour changer cela ? Et pour que ça ne se reproduise plus ?

N’oublie pas que, quoi qu’il arrive, ça commence par toi ! Si tu ne te respectes pas, les autres ne le feront pas non plus. C’est comme si tu leur montrais l’exemple : si tu ne te respectes pas, tu montres aux autres que c’est ok de te manquer de respect. Si tu le fais toi-même, pourquoi les autres feraient-ils différemment ?

Ensuite, pense également à toutes les petites gouttes d’eau qui ont rempli le vase, avant. Car s’il y a eu ce débordement, c’est que le vase s’est rempli depuis un petit temps.

En général, une fois que ça pète un bon coup, on va au bout des choses et on vide le vase. Alors pour qu’il ne se remplisse plus, il faut être vigilant à chaque goutte, à chaque occasion où un besoin n’est pas respecté.

Autrement dit, chaque fois qu’une de ces occasions se présente, trouve immédiatement le moyen de la transformer. Ainsi, non seulement le vase ne se remplira pas, et en plus exprimer tes besoins et les faire respecter deviendra un automatisme, tu n’auras plus à y penser.

Au secours, je n’ai pas de passion !

Beaucoup aimeraient vivre de leur passion, ont envie d’une vie plus passionnante, plus excitante pour se réveiller avec enthousiasme le matin rien que de penser à ce qu’ils vont faire de beau sur leur journée mais se retrouvent bloqués car ils veulent vivre de leur passion mais n’ont pas de passion.

Or ce que je veux te faire passer dans cet article c’est :

  • Si tu n’as pas de passion, tant mieux, c’est plutôt un bon point de départ.
  • Comment faire de ta vie ta passion, et qu’elle corresponde à ce que tu veux vraiment.

Voir l’article en vidéo :

Qui suis-je pour te parler de ça ?

Une part de mon activité, qui m’anime particulièrement, consiste à aider ceux qui le souhaitent à créer leur vie (professionnelle) sur mesure. Je mets le « professionnelle » entre parenthèses parce que ça dépasse le cadre strictement professionnel, quand on aime ce que l’on fait. Bref, j’aide les personnes qui ont envie de créer leur vie sur mesure à trouver leur idée de projet et à pouvoir le mettre en place.

Dans le cadre de cette activité, deux réflexions me reviennent souvent :

  • « Oui mais moi, je n’ai pas de passion. »
  • « Toi, tu as de la chance de vivre de ta passion ! » (Sous-entendu : de la kinésiologie)

La deuxième réflexion, elle n’est pas complètement fausse, mais elle n’est pas juste non plus. Je reviendrai là-dessus un peu plus loin.

Quant à la première, en fait c’est plutôt une bonne nouvelle, si tu n’as pas de passion.

Pourquoi ne pas avoir de passion est une bonne nouvelle ?

Je ne sais pas toi, moi en tout cas je connais pas mal de personnes qui, un jour, ont décidé de vivre de leur passion. Elles avaient un métier, qui ne les passionnait pas, elles avaient une passion à côté, et un jour, elles se sont dit : « Ma passion va devenir mon métier. »

Dans tous les cas que je connais, ça s’est mal terminé. Pourquoi ?

Quand tu as un métier et une passion, ça se passe comme ça : pendant que tu exerces ton métier, tu penses à ta passion, tu te réjouis, tu fais des plans, des projets… Et une fois que ça y est, que tu as le temps d’exercer ta passion, tu t’éclates. Jusque-là, tout va bien.

Une fois que la passion devient le métier, elle devient une obligation :

  • Tu es obligé de te lever le matin pour le faire.
  • Tu es obligé d’ajouter à cette passion tous des aspects plus administratifs… moins fun !
  • S’ajoute aussi une obligation de rentabilité, donc une certaine pression…

Une fois que ta passion devient une obligation, le mélange n’est pas bon. La passion perd son côté passionnant et en « attrape » d’autres qui le sont beaucoup moins.

C’est pourquoi tous ceux que je connais qui ont fait cette démarche-là ont fait machine arrière. Elles sont retournées à leur ancien métier pour que leur passion puisse redevenir une passion. Parce que sinon, leur passion était devenue quelque chose de désagréable et elles avaient juste perdu quelque chose dans leur vie : avant elles avaient une passion, après elles avaient un métier qui n’était pas aussi passionnant que ce à quoi elles s’attendaient.

La kinésiologie n’est pas ma passion

À ceux qui me disent que j’ai de la chance de vivre de ma passion, en parlant de mon métier de kinésiologue, je réponds ce qui suit.

Ce n’est pas complètement faux, d’accord, mais ce n’est pas vraiment juste non plus. Je ne me dis pas que la kinésiologie est ma passion et mon métier. Je dis plutôt que je suis passionnée par la kinésiologie. Et que chaque séance de kinésiologie est un petit moment privilégié, unique, et que j’adore ça. Ça me passionne.

Mais je ne vais pas de ma passion la kinésiologie. Mon métier, il est plus vaste que ça ! Comment j’en suis arrivée là ?

D’une passion pour la kinésiologie à une vie passionnante

Quand j’ai commencé à étudier la kinésiologie, je me suis lancée là-dedans avec passion. En même temps, je me lance avec passion dans tout ce que je fais, sinon je ne le fais pas.

Puis je suis devenue kinésiologue, j’ai commencé à me faire connaître, les clients ont commencé à venir… Mes affaires ont commencé à ronronner gentiment.

Ensuite, j’ai eu envie de gagner plus d’argent. Forcément, plus d’argent ça sous-entend plus de clients. Cette équation : plus d’argent = plus de clients, elle sonnait très juste dans ma tête. C’est parfaitement logique. Mais dans mon cœur… ça coinçait. Je sentais bien que ce n’est pas ce que je voulais.

Car si c’était pour en arriver à une routine composée de x clients par jour 5 jours sur 7, alors je retrouvais le côté routinier, le côté « obligation » du salariat que j’avais choisi de quitter.

Donc plutôt que de regarder tout droit, et de faire plus de la même chose, j’ai choisi de regarder sur les côtés et d’ouvrir mes horizons.

C’est comme ça qu’aujourd’hui, si je trouve ma vie passionnante, c’est parce que je fais plein de choses différentes : séance de kinésiologie, vidéos, interview, mon blog, des formations… C’est cette diversité qui est passionnante dans ma vie d’aujourd’hui, parce que ça me correspond totalement !

En effet, finalement, si je devais dire ce qu’est ma passion, c’est la liberté, le mouvement, la découverte.

Comment créer ta vie passionnante ?

La première chose à faire, elle est toute simple : une liste. Une liste de tout ce que tu aimes faire, et de tous les critères correspondant, pour toi, à une vie passionnante.

Par exemple, quand je me suis posé cette question, j’étais prof, j’avais envie de changer de métier, et je ne savais pas du tout quoi faire. Donc j’ai mis sur une liste tout ce qu’il était important pour moi de trouver dans mon futur métier. Même si je ne savais pas encore ce que ce serait.

Le tout premier critère que j’ai mis, qui peut paraître un peu bête, mais qui pour moi était très important, c’est que je voulais travailler à la maison. Du coup, que ma maison soit ici ou ailleurs, je voulais pouvoir travailler d’où je veux et selon mes horaires.

Ce deuxième critère est super important aussi pour moi parce que j’aime faire la sieste (c’est même souvent un besoin). Donc travailler à la maison me permet d’avoir mon lit à portée de main. Et je peux adapter mes horaires en fonction de mes besoins de sommeil, de mes envies…

J’ai donc listé tous ces critères : où je veux travailler, avec qui (parce que j’ai à la fois envie de rencontrer des gens, à la fois besoin de pouvoir me retirer dans ma grotte), etc.

Alors toi aussi, note tous tes critères, des plus concrets (où, quand, comment, avec qui…) aux plus abstraits : les valeurs que tu as envie d’incarner dans ce que tu vas faire, etc.

Ton cerveau prendra le relai

Rien que le fait de faire ça, d’élaborer cette liste, c’est comme si tu branchais ton cerveau sur ces critères. Et grâce à lui, des choses un peu « magiques » vont se passer.

On peut, pour expliquer cela, parler de loi de l’attraction, la version plus spirituelle. On peut aussi l’expliquer grâce aux neurosciences. Ce n’est pas mon propos ici. Sache juste que si tu « branches » ton cerveau sur ce que tu veux, c’est un peu comme si tu déployais des antennes qui vont faire leur travail d’amener à toi, ou de te permettre de voir des choses que tu ne voyais pas jusque-là, des opportunités, des informations que tu ne voyais pas, et qui vont t’amener là où tu veux.

Et pour aller encore beaucoup plus loin et plus concrètement dans cette réflexion, je t’invite à cliquer ci-dessous !