Ses racines sont l’âme de son business – Entretien avec Nadège Fassi

Nadège Fassi aide les femmes, et plus particulièrement les mamans, à s’épanouir dans leur rôle de mère. Mais sans oublier qu’elles sont des femmes. Donc qu’elles ont aussi besoin de s’épanouir dans des projets, qu’ils soient professionnels ou personnels.

Voir l’entretien en vidéo :

Qu’est-ce qui t’a donné envie de développer ce projet-là ? D’être une ressource pour les femmes, et plus particulièrement les mamans ?

Merci, Patricia, pour cette question qui est vraiment intéressante. La réponse, elle remonte très loin. Surtout, on va dire, le moment crucial a été mon burnout maternel.

J’ai désiré tellement fort mes enfants, je ne m’attendais pas à ce que leur présence dans ma vie soit une source d’épuisement. Tout simplement.

Et je me suis rendu compte à quel point on était seul. À quel point les mamans, aujourd’hui, sont soumises à des injonctions contradictoires de tout le monde.

Tout le monde sait mieux que la maman comment éduquer son enfant. Comment en prendre soin.

Et comme nous sommes dans une société où l’on plébiscite la raison, le mental est très fort, la maman elle apprend, tout au long de son enfance, à se déconnecter de ses émotions. À se déconnecter de ses connaissances instinctives. Que nous avons toutes, en tant que femmes.

Je pense que la maternité, ça peut mener vers un chemin d’épanouissement personnel quand on prend la peine de se connecter à tous ces trésors qu’on a en soi.

Donc, ta question était : qu’est-ce qui m’amène à être une ressource pour les mamans ?

Parce que j’ai envie d’inciter les mamans à ressortir tout ce qu’elles ont au fond d’elles.

Être vraies, en fait. C’est la plus belle façon d’être une maman épanouie.

Et qu’en plus, ce qui est génial avec ça c’est que les mamans sont bien, les enfants sont mieux, les familles sont mieux…

Et le monde va mieux.

Dans le monde de l’entreprenariat on le sait bien, entre une envie, entre un projet, entre sa conceptualisation et sa matérialisation il y a parfois des choses un peu compliquées… Toutes les deux, on s’est rencontrées lors d’une formation qu’on a suivie ensemble. À ce moment-là, tout est déjà là. Tu as déjà l’envie d’aider les mamans. Au niveau connaissance, compétence, boîte à outils… tout est déjà là ! Et pourtant, c’est plus ou moins un an et demi après que tu m’as contactée et que tu m’as demandé de t’aider. Parce que c’était toujours à l’état de projet. Il n’y avait toujours pas la concrétisation. Alors on a commencé à travailler ensemble. Un mois après, tu commençais déjà à accompagner des femmes. Et, quoi… 9, 10 mois après, tu as déjà accompagné plein de femmes, tu as donné des conférences, tu as écrit un livre… Ton projet, il a explosé !

Il a fleuri.

En un temps record ! Ce qui vient confirmer ce que je disais, à savoir que tout était déjà là, mais qu’il manquait un petit truc. C’est quoi, ce petit truc ?

Il manquait l’étincelle.

En tant qu’entrepreneurs, nous avons tous des croyances, des conditionnements, des schémas inconscients… Et nous avons besoin d’aide.

Un jeune entrepreneur a besoin de quelqu’un, d’une personne ressource, d’une personne extérieure qui puisse lui renvoyer un miroir de qui il est et là où il est.

Moi, c’est ce qui s’est passé avec toi.

Je pense qu’après la deuxième ou la troisième séance, j’aurais déjà pu me lancer. D’ailleurs c’est ce que j’ai fait, même si ça a mis encore 2, 3 semaines avant de se concrétiser.

Il me fallait juste l’étincelle, et tu as allumé la mèche, et puis ça a pris feu.

Je suis persuadée que l’accompagnement change tout. Une personne extérieure, une personne ressource change tout dans une vie.

C’est aussi pour ça que j’ai tellement de plaisir à accompagner les mamans. Je leur dis toujours : vous avez tout en vous. Ce n’est pas moi qui vais éduquer vos enfants à votre place. Ce n’est pas moi qui vais vivre votre vie à votre place.

Par contre, je peux vous aider à vivre la vie qui vous ressemble. C’est très important, pour moi, cette notion.

Parce que quand j’étais épuisée, je cherchais des solutions, des ressources… J’en ai lu, des livres ! J’en ai suivi, des formations ! Et tout le temps, il y avait cette direction.

Par exemple, par rapport à la bienveillance : pour être bienveillant avec son enfant il faut répondre comme ci, il faut réagir comme ça… Mais c’était des méthodes qui ne me correspondaient pas vraiment.

Jusqu’à ce que je comprenne que j’ai à l’intérieur de moi un fonctionnement qui est naturel. Et quand on met en place ce fonctionnement naturel, ça coule de source.

C’est ça que tu m’as amené. Grâce à ton accompagnement et aux exercices que tu m’as fait faire, j’ai réalisé que Waw ! j’avais tout ça en moi.

Est-ce que c’est juste que le mot clé, en ce qui te concerne, c’est le mot « permission » ?

Oui, l’autorisation. Tu m’as permis ça. Je me suis autorisée à être et à prendre ma place. J’avais besoin d’une personne extérieure qui me permette de m’autoriser à faire ça.

Je pense qu’il y a beaucoup d’entrepreneurs qui sont dans ce cas-là. À qui il manque juste ça.

Je me souviens qu’à l’époque, un sujet qui revenait souvent dans nos discussions, c’était le fait que tu avais très peur du regard de ta famille. Pour moi, il fallait évidemment sortir de ça. Et tu l’as fait. Et tu constates maintenant, en regardant en arrière, que tu avais très peur du regard de ta famille et qu’au fond, maintenant, ta famille est ton premier soutien.

Absolument. Je viens d’une famille très cartésienne. Ils sont tous médecins. J’ai deux frères et une sœur, ils sont tous médecins. Et jusqu’à mes 15 ans, je croyais que je serais médecin. Je le disais, d’ailleurs. J’ai une vidéo où je dis : plus tard, je ferai la médecine.

À 15 ans, j’ai fait des stages dans la clinique de mes parents. Et j’ai réalisé que ce n’était pas pour moi.

Quand j’écrivais mon livre, j’ai retrouvé mon journal intime de mes 15 ans. J’avais écrit : je veux soigner la santé. Je ne veux pas soigner la maladie.

Cette phrase, quand je l’ai relue, il y a un an… C’est ce que je fais ! Je soigne la santé. Je soigne le bien-être des mamans. Finalement, c’est ce que je fais.

Mon père m’a dit qu’il était vraiment fier de moi parce que ça ne l’étonne pas.

Alors que j’avais vraiment peur. Surtout que je parle, dans mon livre et aussi dans mes accompagnements, du féminin sacré. Je parle de traditions ancestrales, je parle d’énergie, de vibration, etc.

C’est toutes ces choses féminines, toutes ces choses intérieures, toutes ces choses non cartésiennes… C’est de ça que j’avais peur.

Et c’est ça que tu m’as amenée… Que tu m’as fait… Parce qu’en fait je mettais ça de côté, dans ma méthode et dans ma façon d’accompagner. Et c’est ça qui coinçait.

J’ai lu, je ne sais plus… à un moment, dans nos échanges, est venu le nom d’Eric Béhanzin. J’ai lu son livre 12 Jours. Il a dit : pour être un entrepreneur à succès, il faut être complètement soi.

Je me suis rendu compte que l’Afrique, ça faisait partie de moi. Je l’occultais complètement, en fait.

Et tu vois, il y a plein d’étincelles, de pépites comme ça qui sont venues, grâce à ton accompagnement.

Encore une fois, c’est vraiment un miroir. Ce n’est pas une seule chose. Tu m’as permis de réaliser plein, plein, plein de choses qui étaient déjà là et que j’ai mises en place.

C’est ça qui est paradoxal, aussi. Parce que tu dis « j’avais peur du regard de ma famille. Ils sont tous médecins. » Donc scientifiques, rationnels. Et en même temps, c’est aussi en te reconnectant à tes racines, en allant au Bénin, en allant rencontrer ces peuples et en retrouvant cette sagesse ancestrale que tu t’es toi-même nourrie et c’est ce qui rejaillit du coup aussi dans ta méthode, dans tes accompagnements, etc. Donc peut-être que tu t’éloignes de ta famille d’une certaine façon, mais d’une autre, pas du tout !

Exactement ! C’est ce que ma mère m’a dit.

Elle m’a dit, au départ, c’est vrai qu’elle était un peu… Il faut dire que j’ai un parcours particulier. Donc ma famille s’inquiétait à raison. Je veux dire que par rapport à leur schéma de fonctionnement, c’était normal qu’ils s’inquiètent.

Parce que j’ai fait un graduat en relations publiques. Puis j’ai fait la sophrologie, j’ai fait l’EFT, j’ai fait du Reiki, j’ai fait la réflexologie plantaire…

« Encore ! Tu changes encore de métier ! Mais enfin, quand est-ce que tu vas te trouver ? »

C’était leur questionnement.

J’ai fait des stages de connexion au féminin, de la naturopathie… Des choses qu’eux ne maîtrisaient pas du tout. Donc pour eux, ça ne faisait pas sens.

C’était vraiment une fille aînée qui se perd. « Tu aurais dû choisir la médecine », qu’ils me disaient encore i y a 4 ans. Parce que là, tu es en train de te perdre.

Puis j’ai fait 3 ans d’esthétique, je me suis installée…

En fait, je suis auto-entrepreneur depuis 8 ans. Même si je l’ai été par intermittence. J’ai ouvert un petit institut, que j’ai arrêté quand ma fille est venue au monde. Puis j’ai été réflexologue plantaire et pédicure pendant 2 ans.

Et puis le fait de changer encore de métier, c’est ça qui me tracassait par rapport au regard de mes parents.

Et finalement ils ont dit : « Waw ! Là, tu as pris ta place. »

Et quand j’en parle, ma mère elle me dit : « Tu as un feu en toi quand tu en parles. » Donc pour moi, c’est…

Au fond, ils voient que c’est juste. Et ils te reflètent l’image que tu es pleinement toi-même et bien à ta place.

Exactement. Et c’est ça que je conseille à tout jeune entrepreneur.

Quand on est aligné, quand le message est juste et qu’on est dans sa bonne… dans son énergie, c’est évident.

En même temps, par rapport à ton parcours et à ce que tu transmets, en lien avec cette sagesse ancestrale qui vient d’Afrique, pour avoir accompagné déjà pas mal de personnes sur ce chemin de créer la vie professionnelle qui leur correspond, j’imagine déjà toutes les petites voix de dire : « Comment elle a osé ? » Tu vois ? Amener quelque chose qui pourrait paraître aussi bizarre. Donc est-ce que tu n’as pas eu peur de faire fuir les gens ? Ou qu’ils se disent « Oui, ok, la sagesse ancestrale africaine c’est bien pour eux qui ont un mode de vie tellement différent du nôtre mais nous ça ne nous parle pas. » ou « Ce n’est pas notre culture. » etc. Est-ce que ça a été un frein pour toi, ça, du coup.

Au départ, oui. Et puis j’ai reçu un mail de toi. Où tu m’as écrit cette phrase – je ne sais plus les mots exacts : « Les personnes à qui ça parle viennent vers toi. »

On est un milliard de personnes sur cette terre. Si un millier de personnes s’intéressent à moi, c’est déjà génial.

De toute façon, je ne peux pas aider tout le monde. Et ce n’est pas mon désir. Mon désir, c’est d’aider les personnes qui sont attirées par ces sagesses ancestrales. Qui sont en fait du bon sens.

C’est assez commun ! La sagesse, elle est commune aux peuples du monde entier. Le côté africain, c’est juste qu’ils ont un rythme de vie plus lent. Et pour moi – j’en parle dans mon livre – un monde plus juste, un monde plus féminin, le monde dont je rêve, c’est aussi un monde qui ralentit son rythme.

Évidemment pas forcément pour atteindre le même rythme qu’eux. Mais en tout cas pas le monde avec le rythme effréné dans lequel on vit.

C’est pour ça, je pense, qu’il y a plein de personnes en burnout, en pré-burnout qui sont intéressés par cette voie-là et que ça intéresse.

Comme tu dis, cette sagesse-là, au fond, c’est une question de bon sens. Pour avoir aussi souvent rencontré des mamans à bout de souffle, le discoure qui revient souvent c’est « Je n’en peux plus. Je suis fatiguée, débordée, stressée… » Et là-derrière il y a une notion de honte, de culpabilité et de jugement : « Je ne suis pas une bonne mère. », « Je ne suis pas capable, pas à la hauteur. » Et du coup, cette honte, cette culpabilité empêchent de poser que « J’ai un problème. » Alors évidemment, si je ne reconnais pas qu’i y a un problème, je ne me dis pas qu’il y a une solution. Et ça rend très compliqué, même, de franchir le pas de demander de l’aide.

Exactement.

Je le dis clairement, notre société a tout à voir avec le problème des mamans.

Pour moi, il y a un rapport entre les désordres qui se passent au niveau de la terre : les oiseaux qui meurent, les abeilles qui disparaissent et tout ça. Il y a un rapport entre les burnouts et les maladies de la civilisation et les mamans débordées, qui n’en peuvent plus, et les enfants hyperactifs.

Tout va ensemble. Nous sommes dans un monde déséquilibré. C’est un monde masculin, le masculin est trop fort.

On est trop dans l’énergie masculine, dans le faire, dans l’action, l’efficacité, la compétitivité. C’est beaucoup trop fort.

Il nous faut du féminin. Il faut que les femmes se réveillent et qu’elles guérissent leur féminin à l’intérieur d’elles. Et la terre va aller mieux. Les animaux vont aller mieux. Les plantes vont aller mieux. Les enfants iront mieux.

Le monde, vraiment, ira mieux quand les mamans prendront conscience et qu’elles prendront leur place.

Un enfant naît avec la conscience de qui il est et de ce dont il a besoin. Un tout jeune bébé, s’il a faim, il crie jusqu’à ce que tu le nourrisses. Il sait ce qu’il veut et il ne se laisse pas faire.

Alors c’est les conditionnements de la société qui font qu’on l’éduque. Comme cette méthode qui est tellement violente mais qui est banalisée, qui est : on le nourrit toutes les 4 heures.

Patricia, tu peux boire à 8 heures. Si à 8 heures et quart tu as encore soif, tu bois.

On ne peut pas attendre 4 heures pour attendre de nourrir un nouveau-né.

On plébiscite ça, il y a encore des femmes qui le disent.

Si un bébé il a soif, donnez-lui à boire. Même s’il a bu il y a une demi-heure. C’est tellement simple et logique.

Mais non, il faut attendre toutes les 4 heures. Parce que…

Mais pourquoi ? Pour correspondre à notre mode de vie. Parce que nous, on mange à 8 heures, on mange à midi… Il y a quelque chose qui ne va pas.

Plutôt que d’écouter les besoins de son corps.

C’est ça. Et donc on finit par avoir un monde où on est coupé de ses besoins.

C’est un sujet passionnant, donc ça prendrait trop de temps, mais ce que je veux dire, c’est qu’il faut ralentir pour les enfants.

Moi, il m’arrive de me coucher par terre, avec mon fils, et de regarder les fourmis. Pendant un quart d’heure, une demi-heure. C’est un temps que je prends. C’est un temps que je m’autorise à prendre parce que j’ai envie d’être là pour mes enfants. J’ai envie d’être présente.

Quand ma fille a envie de se balader, de cueillir des petites fleurs, je vais avec elle. On le fait ensemble. Ça prend du temps d’être maman. On ne peut pas…

Les mamans sont débordées parce qu’il y a trop de pression. Elles doivent rentrer dans un moule. Elles doivent faire tellement de choses. Ce n’est pas compatible avec la famille, les enfants.

Alors je ne dis pas qu’il faut changer tout, mais il y a plein de petits changements qu’on peut faire pour soi. Pour son enfant. Et pour la transmission qu’on leur fait.

Parce que si on continue à ce rythme de fou… Les mamans débordées donnent des enfants hyperactifs. Imagine dans trois générations. On court à la catastrophe !

Je connais plein de personnes qui font le même métier que moi et qui s’occupent des enfants. Qui disent : « Il faut apprendre aux enfants à gérer leurs émotions. À gérer leur sommeil, à gérer les nuits. »

On en fait des petits gestionnaires.

Oui, pour moi elles ont tout faux !

Tout part de la maman. Moi, j’aide la maman. Quand elle est équilibrée, quand elle est alignée avec qui elle est et ce dont elle a besoin, elle rayonne tout ça. L’enfant prend automatiquement sa place.

Tu le sais très bien, j’ai un fils hyper sensible. C’est mon petit canari. Quand ça ne va pas, il le sait avant les autres. Quand il est malade, je sais que je vais mal.

En fait, quand il manifeste des symptômes, je me demande : « Nadège, qu’est-ce qui se passe avec toi ? » Et je trouve la solution. Quand je suis guérie, il va bien.

La plupart des enfants est comme ça. Quand on va chez un thérapeute, un psychologue, un pédopsychiatre… C’est la mode maintenant !

Déjà à 5 ans on va chez un pédopsychiatre parce que le petit se comporte mal. On ne le comprend pas.

Mais quand la maman, ou un parent, ne sait pas gérer ses émotions… Un parent qui pète un câble « Mais enfin tu vas manger maintenant sinon je te fous une claque ! », ce petit, il n’apprend pas à gérer ses émotions. C’est normal qu’il se roule par terre

On s’attend à ce que l’enfant soit sage, obéissant, qu’il rentre bien dans le moule. Alors que le parent ne le fait pas.

Donc il ne s’agit pas d’apprendre à l’enfant à gérer son émotion. Il s’agit de voir nous, comment est-ce que nous gérons nos émotions.

Pour moi, tout part de la maman.

Alors une question pour revenir plus sur le côté entrepreneurial. Parce que d’un côté il y a ta méthode, « Respire », et dans cette méthode, le premier « R » c’est pour repos. Tu parles de lenteur, tout ça. Et de l’autre côté il y a qu’en 9 mois ton activité elle démarre du feu de Dieu, tu as écrit un livre… Comment c’est compatible tout ça ?

C’est compatible quand tout est déjà là, en fait.

En fait, le temps est relatif. Quand on dit de prendre son temps, le temps est relatif. C’est-à-dire que j’arrive à me ressourcer en 10 minutes.

Je prends ces 10 minutes-là, je fais une méditation et je me ressource, je me nourris vraiment.

Parfois, on enchaîne ses journées. Moi, j’organise mes journées et j’ai 4-5 sas. Je prends vraiment des sas, des segments où je pose des intentions pour la suite.

Aujourd’hui, exceptionnellement, je me suis levée à 6 heures. Parce qu’hier je me suis couchée tôt – ça fait partie du repos. Régulièrement, quand mon corps en a besoin, à 9 heures j’étais au lit. Parce que mon corps en avait besoin.

À 6 heures, je me suis réveillée naturellement. Pleine d’énergie et de joie. J’ai déjà travaillé pas mal. Et une demi-heure avant que tu ne viennes, de nouveau, j’ai pris mes 10 minutes pour me nourrir, pour me recharger. Je suis tellement plus efficace !

Et je suis efficace aussi parce que je surfe sur la vague de mon cycle menstruel. Ça change tout.

Quand je suis dans ma phase montante, je pose un maximum d’actions. Et quand je suis dans ma phase descendante, je me repose, je me relaxe et je planifie. J’organise la suite. Ce qui fait que je suis beaucoup plus efficace.

Toutes ces techniques-là, je les donne aux personnes que j’accompagne. On peut tellement vivre mieux sa vie. Tellement plus intensément. Une vie pleine, remplie…

C’est quand on se considère pleinement comme un être humain, comme une femme, comme un être vivant et pas comme une machine.

Exactement. Et curieusement, quand on quitte l’efficacité, c’est là qu’on va vers l’efficience.

Effectivement, comme tu dis, j’ai fait plein de choses en 9 mois. Parfois même moi, je regarde et je me dis « Waw ! Comment tu as fait ? »

C’est tout simplement parce que je respecte mes rythmes. Je me repose et je me ressource énormément.

Comme je t’ai dit, 4 fois par jour je prends du temps pour moi. Et ça change tout.

Alors ma question conclusion de cette interview elle est pour ceux qui nous écoutent et qui ne se sentent pas pleinement épanouis dans leur vie, qui ne se sentent pas tout à fait à leur place et qui aimeraient se révéler dans un projet qui les anime mais qui ne savent pas quoi faire ou comment faire… Tu as déjà donné plein de pépites, mais s’il y en avait une à retenir, ce serait laquelle ?

Sincèrement, c’est de se faire accompagner. Je sais que beaucoup de gens l’ont déjà dit, mais ça change tout.

Parce qu’on peut rester seul avec son projet, son idée, ça reste à l’état d’idée.

Et puis on a plein de croyances, de conditionnements, de soucis, de choses… – et la plupart sont généralement inconscientes – qui nous empêchent de matérialiser.

Mais il suffit de trouver quelqu’un – la bonne personne évidemment, il faut la chercher – et Patricia elle est exceptionnelle. Quelqu’un de sensible.

Parce que ce n’est pas… il faut quelqu’un qui corresponde à notre énergie.

Quand je t’ai contactée, je t’avais dit : « Je ne te connaîtrais pas, je ne le ferais pas. » C’est comme appeler un gynécologue. Je n’appellerais pas un gynécologue en regardant dans l’annuaire. J’ai envie de savoir que c’est quelqu’un avec qui ça peut fonctionner. Une énergie…

Une question de feeling.

Feeling, voilà, exactement. Alors trouvez quelqu’un, sentez la personne et faites-vous accompagner. Ça change tout.

Un grand merci ! Alors pour rappel, il y a ton livre dont, au fond, plus j’en entends parler plus je me dis qu’il ne s’adresse pas qu’aux mamans.

Non, il s’adresse aussi aux papas. Parce que je parle beaucoup du féminin et j’ai eu deux retours de papas qui m’ont dit : « C’est incroyable. Il y a des choses que je n’imaginais pas. Je soupçonnais mais je ne voyais pas l’intensité de ce qu’une femme peut vivre dans son corps et dans sa vie. »

Donc c’est vraiment intéressant pour toute personne. Même une personne qui n’est pas maman peut le lire parce que ça apporte pas mal d’éclairage à propos du féminin.

Je parle notamment du cycle menstruel, de notre rythme de fonctionnement féminin, et je donne plein de pépites.

Comme tu l’as dit, le « R »  de « RESPIRE » c’est pour le Repos. Le « E » c’est pour l’Entraide. Et on a tous besoin d’aide. Même en tant qu’entrepreneur, trouver les personnes ressource…

Je me souviens de cet exercice que tu m’avais donné : « Qui sont, où sont mes forces ? » C’est tellement important.

Le « S » c’est pour Soi. Se remettre au centre de sa vie. Et pareil, de nouveau, quand un entrepreneur va bien, toute sa vie…

Il le rayonne.

Tout à fait.

Le « P » c’est pour la Place de l’enfant. Qui n’est pas celle qu’on plébiscite chez nous.

Je raconte une anecdote très intéressante au début du livre. Quand j’ai compris que ces femmes-là, elles avaient beaucoup à m’apporter.

Je suis allée vers elles parce qu’elles me fascinaient. Je les trouvais incroyables. On était un groupe de femmes, à parler. Mon fils était en face, en train d’essayer de grimper sur une chèvre.

Moi, j’avais peur. Je me disais qu’il allait tomber, le pauvre. Et bien sûr il est tombé – il avait un an et demi.

Alors j’ai sauté pour le prendre. « Tu vois, tu es trop petit, tu vas te faire mal, tu n’y arriveras pas, tu n’es pas capable… Allez, maman te prend dans les bras. »

Je m’assois.

Un quart d’heure plus tard, un enfant qui était plus jeune que le mien – il avait à peine 9 mois – est monté sur la chèvre. Il est tombé. Sa mère a attendu que le petit vienne vers elle. Et quand il est venu s’accrocher à sa jambe, elle l’a pris. Et elle lui a dit : « Tu vas y arriver, tu sais. Je t’ai vu, tu essaies depuis trois jours. Tu y arriveras. J’ai confiance en toi. »

J’ai eu honte. Je me prenais pour une maman super bienveillante, qui prend soin de son enfant, qui fait tout. Mais c’était trop. Et à trop donner, on s’épuise.

Donc la place de l’enfant, c’est un juste milieu. C’est quelque chose d’assez souple à trouver. Chacune doit trouver la bonne place pour son enfant dans sa propre vie. Ça change tout aussi.

Le « I » c’est pour l’Intuition. L’intuition à développer absolument parce que c’est la voix de notre cœur. Dans notre société, on le met de côté et ce n’est pas juste.

Quand on n’écoute pas la voix de notre cœur, on peut vivre toute sa vie en étant à côté de ses plats. C’est quand même dommage !

Le « R », c’est pour les Rituels à mettre dans sa vie. Dans toute vie, on a besoin de rituels. Quand on ne les choisit pas, on les subit.

Il y a des gens qui se lèvent le matin, ils sont à moitié endormis, ils prennent déjà le café… C’est un rituel. Pourquoi ne pas choisir les rituels qui nous correspondent ? C’est quand même plus joli.

Et le « E » c’est pour Énergie. Je donne plein de méthodes qui n’ont rien à voir avec les mamans pour déployer son énergie dans sa vie.

Donc vraiment, mon livre, il est pour tout public, finalement.

Oui, c’est ça, parce que moi, ce qui m’inspire, c’est que le « P » pour la Place de l’enfant, si je le remplace par « la place du projet », en tant qu’entrepreneure, ce serait sans doute une bonne ressource pour moi aussi.

Tout à fait. C’est vraiment intéressant.

J’ai mis que la femme qui m’a apporté le plus d’amour maternel, c’est maman Colette. Elle n’a pas eu d’enfant. Mais elle est mère de tellement de projet, d’idées… C’est une femme exceptionnelle ! Et c’est ma maman de cœur, c’est elle qui m’a nourrie de tout ça.

Je veux dire qu’en tant que femme… C’est vrai, je parle beaucoup des mamans. Mais je m’adresse à la femme en elles, en fait.

Pour moi, qu’elles soient mères ou pas, peu importe.

Non, parce que justement tu ne veux pas les limiter à leur rôle de maman.

Surtout pas ! Justement, c’est une grosse erreur qu’on fait, de croire « voilà, je suis une maman et c’est fini. »

Non ! Être maman, c’est accompagner un enfant vers son épanouissement personnel. On est des coaches, en fait.

Le statut que je permets aux femmes que j’accompagne d’atteindre, c’est de coacher un petit être avec amour. De le guider avec amour vers son épanouissement.

Les enfants, ils ne nous appartiennent pas. Ça aussi, c’est dans la sagesse ancestrale. Pour eux, l’âme de l’enfant t’a choisie, toi pour s’incarner.

Tout ce que tu vis, tes blessures, tes soucis… sont ok. Il est là pour t’aider à guérir. C’est vraiment un miroir.

L’enfant t’aide à grandir. Et toi, en te guérissant, tu lui permets de ne pas être atteint par tes blessures. Tu lui permets d’atteindre son plein potentiel.

 

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