Elle a réalisé son rêve américain – Entretien avec Biba Pedron

Biba Pedron habite Miami. De passage à Paris, j’ai eu la chance qu’elle m’accorde une interview.

Biba est business coach, consultante, conférencière, auteure de plusieurs livres et ebooks best-sellers. Experte en marketing, networking et réseaux sociaux.

Pour cet entretien, nous avons exploré plus en détails qui elle est, ce qu’elle fait, son parcours. Au travers de quelques-unes de ses qualités, à commencer par l’audace et la capacité à prendre des décisions.

Voir l’entretien en vidéo :
Dans votre parcours professionnel, vous avez d’abord été institutrice, puis commerciale. Puis un beau jour, un vendredi, vous déposez votre démission pour, le lundi suivant, fonder votre première entreprise. Alors on n’est pas en train de dire que c’est ce qu’il faut faire…

Non, je ne recommande pas, d’ailleurs. Je ne le recommande à personne. Parce que c’était pas la même économie non plus.

Voilà. Mais qu’est-ce qui vous, à ce moment-là, vous a amenée à prendre cette décision ?

Alors en fait, j’avais un projet depuis toute petite, qui était de partir vivre aux États-Unis. Donc je ne savais pas où, quand, comment. Mais j’ai toujours dit « Un jour, j’irai aux États-Unis. »

En 1992 j’y suis allée pour la première fois, en vacances, et… Alors ce n’était pas les États-Unis, c’était vraiment New York. Je voulais vivre à New York.

Et quand on a atterri, je ne peux pas l’expliquer, mais j’ai eu un sentiment « Voilà, tu arrives à la maison. »

Donc après, il m’a fallu effectivement 10 ans pour venir m’y installer. Mais en fait, ce qui faisait que dans tous les emplois que j’avais, il fallait que j’attende les vacances pour pouvoir partir aux États-Unis.

Pendant plusieurs années j’y suis allée juste pendant les vacances d’été. Ou des fois au mois de mai. Puis, en 1998, j’ai voulu partir au mois de mai. Mon patron m’a dit « Non, vous ne pouvez pas partir pendant 15 jours. C’est trop long. »

J’étais responsable des ventes. Et on sait qu’en France, au mois de mai, avec tous les ponts il ne se passe pas grand-chose. Donc je crois que je ne vais rien louper et que l’équipe peut se passer de moi pendant 15 jours.

Et en fait, pour moi, ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. En disant que je ne veux pas que qui que ce soit m’impose des choses. Que ce soit pour le travail ou pour mes vacances.

Comme je suis déterminée, j’ai réussi à partir quand même. Je l’ai convaincu.

Je suis partie et à mon retour c’est là j’ai dit « Bon, allez, ça suffit. »

Donc comme je ne savais pas comment faire pour pouvoir aller aux États-Unis le plus souvent possible sans attendre les vacances, je me suis dit que j’allais monter ma société.

C’était une petite structure, bien sûr. On n’avait pas encore les auto entrepreneurs à l’époque. Donc je suis devenue travailleur indépendant.

Et comme, à l’époque, je gagnais très bien ma vie, mais je la dépensais aussi vite. Je ne pensais pas aux économies ou des choses comme ça. Donc il m’a fallu un peu de temps pour reconstituer.

Et je me suis dit, en fait, je ne sais pas ce que je veux faire. Et je n’ai pas d’argent pour investir dans un business.

La seule chose que je sais, c’est que je veux qu’à un moment donné, ce business, je puisse le déplacer aux États-Unis.

C’était le tout début du télé secrétariat. Personne ne savait ce que c’était, en fait. Donc il fallait expliquer : voilà, je suis secrétaire, je suis chez moi et vous, vous êtes dans vos bureaux. Voilà, j’ai commencé par ça.

La seule chose, c’est que justement, j’avais dit : si je peux faire un business avec un téléphone, un ordinateur et une connexion internet, sachant qu’on était en 1998, c’était le début de l’internet. Donc je ne savais pas comment ça allait évoluer.

J’ai dit, voilà : ma motivation elle est là. Qu’est-ce que je peux faire ? Donc j’ai fait du télé secrétariat.

Comme je n’avais jamais été secrétaire avant, c’était pas trop mon truc. Du coup, en six mois, ça s’est transformé, avec la demande. Avec la promotion que je faisais. Parce que je mettais aussi « prise de rendez-vous », puisque j’avais été commerciale pendant plusieurs années.

Petit à petit, les entreprises m’ont demandé de plus en plus de la prise de rendez-vous. Donc ça, c’était déjà plus mon truc.

De ce fait-là, j’ai transformé cette activité. En six mois ça c’était transformé en télémarketing.

Et puis j’ai développé la société pendant deux ans. Où je travaillais sept jours sur sept, pour la développer. En me disant voilà : au bout de deux ans, financièrement, c’est bon, je peux repartir.

J’ai refait un test, deux ans plus tard, au mois de mai, pour voir si ça allait fonctionner. En me disant : est-ce que le téléphone va fonctionner ? Est-ce qu’internet va fonctionner ?

Donc j’ai averti tous mes clients que je partais. Parce que si jamais le téléphone ne fonctionne pas, qu’internet ne fonctionne pas, que je ne peux pas travailler pendant quinze jours… qu’ils soient quand même au courant.

Ce qui m’a surprise, c’est qu’à mon retour j’ai appelé tout le monde pour dire « Je suis rentrée ». Et avant même que je dise quoi que ce soit, la majorité me disait : « Mais au fait, quand est-ce que vous partez en vacances ? Quand est-ce que vous partez à New York ? »

Alors d’abord c’était pas des vacances. Et en plus, je viens de rentrer.

Donc là, ça me montrait qu’en effet je pouvais facilement faire cette activité à distance. Que ça ne gênait pas puisque les clients ne s’en étaient pas rendu compte.

Et donc je me suis dit voilà, je peux faire la navette entre les deux. Donc je faisais trois mois Paris, trois mois New York, et ainsi de suite.

Sauf qu’à un moment donné, à la douane, ils n’ont pas aimé me voir passer en permanence. Du coup, je me suis dit qu’est-ce que je peux faire pour rester ? Puisqu’il faut que je trouve un visa, si je veux rester définitivement.

Et en plus, si je veux monter un business aux États-Unis… Je ne parlais pas beaucoup l’anglais à l’époque. Donc du télémarketing c’était un peu impossible. J’ai essayé, mais on me raccrochait au nez en permanence.

Je me suis dit « il va falloir que je trouve autre chose ».

Et puis surtout, je me suis rendu compte que les Américains ont une façon de travailler complètement différente de la nôtre.

Donc j’ai passé un été entier à aller à la bibliothèque tous les jours. J’y passais toutes mes journées pour lire tout ce que je pouvais trouver sur comment faire du business à l’américaine, le marketing, le business plan et ainsi de suite.

Et en fait, je retrouvais toujours ce mot « networking », dans tous les livres. Et ça me disait que tous les entrepreneurs américains trouvaient 80% de leurs clients grâce au networking.

Sauf que là on était en 2001. En France et en Europe on ne parlait pas de networking à l’époque. Et quand j’allais même… J’avais du mal à trouver la traduction parce que quand j’allais voir dans le dictionnaire, « networking » ça parlait plus de « connecting » que d’échange de personnes.

Donc j’ai appris un petit peu. J’ai relu d’autres livres spécifiques sur le networking.

Et comme il me fallait un visa pour rester, et que pour obtenir le visa il fallait monter une société, j’ai décidé de monter une société pour organiser des soirées networking. Ce qui m’a permis d’obtenir mon visa.

Alors le networking, comme je ne savais pas trop ce que c’était, un jour je me suis enfin décidée. J’ai dit voilà, j’ai vu un événement sur internet, donc je me suis inscrite.

Je suis arrivée dans un bar où il y avait 100, 150 personnes. Où il y avait un brouhaha pas possible. Mon anglais était très minime. En plus, je suis quelqu’un de très timide. Donc c’est pas moi qui vais aller vers les gens. En plus, je me suis dit si je commence à parler, je ne vais même pas comprendre ce qu’on va me dire.

Donc la première fois, j’ai pris mon badge, j’ai fait le tour du bar et je suis partie en courant. Voilà. Ça a été ma première expérience du networking.

Puis après je me suis dit non, si c’est quelque chose que je veux développer, il va falloir que je fasse les choses autrement.

Donc je suis retournée à d’autres événements, en me disant : mon objectif ça va être de parler à deux personnes. La fois suivante à quatre personnes. Et petit à petit…

En fait, je me suis rendu compte que c’était compliqué pour moi, dans ces gros événements. Parce que ne parlant quasiment pas, plus le bruit, c’était difficile de communiquer.

Et donc je me suis dit : je vais organiser de petits événements. Donc je faisais des événements avec à peu près 25 personnes. De ce fait-là, ça me permettait de régler deux choses :

  1. Mon problème d’anglais. Puisque c’était moi qui étais l’hôtesse. Donc j’accueillais les gens à la porte. Je pouvais leur demander, éventuellement, de parler plus doucement pour que j’arrive à comprendre. Mais surtout de savoir qui ils étaient, ce qu’ils faisaient, quels étaient leurs besoins, dans leur activité. Et ensuite, comme c’était des petits groupes, de pouvoir les connecter entre eux.
  2. Et puis ce problème de timidité, c’est que je n’avais pas besoin d’aller vers les gens, c’est les gens qui venaient vers moi.

Donc j’ai réglé ces deux problèmes en même temps.

Et puis, il s’est trouvé que je devais faire les choses différemment des autres networking. Parce que mon nom et le nom de la société tournaient très, très vite dans les rues de Manhattan.

Et en fait, tout le monde me disait : « Comment tu fais ? Comment vous faites ? Parce qu’on sait qu’il n’y a pas très longtemps vous arriviez, vous ne parliez pas anglais. Vous ne connaissiez personne. Et maintenant, tout le monde sait qui est Biba. On vous voit partout, on voit votre logo partout. Comment vous faites ? C’est quoi, votre secret ? »

À l’époque, je disais : je n’ai pas de secret. Je n’ai même pas l’impression d’avoir une structure marketing. Je fais des choses, point.

À l’époque, j’avais un coach. Et il m’a dit : si tout le monde te pose la question, c’est, visiblement, que tu fais les choses différemment. Que tu as quelque chose à apporter. Et ce quelque chose que tu as à apporter, c’est ton obligation, quelque part, de le partager avec les autres.

C’est pour ça que je suis passée, finalement, de l’organisation de soirées de networking, quelque part à coach. Sans le vouloir véritablement, mais suite à la demande.

Donc à un moment donné, comme je ne savais pas… J’ai dit ok, vous voulez savoir ce que je fais, donc j’ai mis tout dans un programme.

J’ai créé un programme. Il y avait 9 modules, 9 CD. Et j’ai dit voilà, vous voulez savoir ce que je fais, achetez mon programme et vous saurez tout.

Et puis les gens ont acheté le programme. Mais derrière, ils sont revenus en disant : ok, maintenant on a compris un peu mais on veut que tu nous accompagnes.

Donc c’est un petit peu comme ça que ça a commencé. Et puis ensuite, dans les deux ans qui ont suivi, les réseaux sociaux ont commencé à se développer.

Là, je postais en français, je postais en anglais, et très vite les gens ont dit : tu fais comment ? Vous faites comment ? On te voit partout, en français, en anglais. Tu dois passer tes journées sur les réseaux sociaux.

Et je répondais : ben non, en fait je n’y passe que 15 minutes par jour et c’est comme ça que j’obtiens des clients à l’international.

Donc ça a interpelé un peu les gens, en se disant : ok, maintenant montre-nous ce que tu fais, comment tu fais. C’est pour ça que je suis devenue coach, en fait, finalement. Par la demande. Et à un moment donné, je me suis rendu compte que le marketing et le networking, et les réseaux sociaux, c’était juste une partie du marketing. Mais il y a encore plein d’autres choses à faire.

Petit à petit, j’ai enseigné les réseaux sociaux. Puis rapidement j’ai enseigné aussi le personal branding, qui est quand même très, très important. Surtout que ma cible, c’est surtout des solo entrepreneurs ou des TPE.

Donc pour savoir se mettre en avant, mais pas dire « regardez, c’est moi », mais pour se démarquer de la concurrence, donc comment on utilise les réseaux sociaux.

Et puis à un moment donné, j’ai compris aussi que c’était important, parce qu’on en parlait aux États-Unis, mais nettement moins en France – en tout cas en Europe – même si ça vient maintenant, c’était parler du mindset. De l’état d’esprit.

Parce qu’en fait, la formule, si on veut réussir un business, c’est 80 % mindset, 20 % marketing ou stratégies.

Ce qui fait que petit à petit, sans que les gens s’en rendent compte, j’intégrais le mindset. Et les gens venaient vers moi plus par la partie marketing. Mais en fait il y a tout un travail de mindset que l’on fait à l’avance.

Parce que les gens, par exemple, mettent des prix super bas parce qu’ils pensent qu’ils ne peuvent pas vendre plus haut. Ou les gens qui n’ont pas suffisamment confiance en eux. Ou les gens qui veulent être entrepreneurs mais qui n’ont pas l’état d’esprit entrepreneur.

Donc on fait toutes ces choses-là. Ce qui fait qu’à un moment donné, effectivement… C’est pour ça qu’aujourd’hui je dis que je suis business et mindset coach. Parce que ça va véritablement ensemble. On ne peut pas avoir l’un sans l’autre.

Donc si je reprends le fil conducteur, au départ c’est juste un rêve, qui est d’aller vivre à New York.

Absolument.

Et qui fait que vous trouvez le moyen de vous inscrire dans un business à New York, avec le networking. De là, les choses se déroulent, avec la découverte d’un talent très particulier. Et du coup, quand on découvre ce talent, c’est l’obligation morale, presque, de transmettre ça.

Voilà, c’est ce que m’avait dit le coach. Au départ, moi, je dis : je n’ai pas d’obligation de quelque chose. Mais il me dit : si tout le monde le demande, c’est qu’il y a quelque chose.

En fait, je n’ai jamais choisi les métiers que j’ai faits. Même avant, quand j’étais salariée. C’est un peu en fonction de l’opportunité, en fonction de la demande, en fonction de ce genre de chose.

Et cette capacité à rebondir très, très vite. C’est-à-dire j’arrive aux États-Unis, je m’étais dit : je fais du télémarketing en France, je vais faire du télémarketing aux États-Unis.

Si on ne parle pas anglais, c’est un peu compliqué. Donc comment je rebondis ? Et ce n’est pas je rentre en France et je ne fais rien. C’est comment je peux rebondir et trouver une autre activité.

Tout ce que j’ai toujours fait, ça a toujours été en fonction de la demande, ou en fonction de ce qui s’est passé. Et cette possibilité de rebondir assez vite.

Alors il y a toute cette histoire version success story. Mais dans cette success story, il y a tous les aspects plus compliqués.

Absolument.

Notamment, je pense qu’il y a l’entourage qui n’était pas spécialement porteur au départ. Il y a, comme vous l’avez dit, la timidité, l’anglais qui n’était pas au top au début.

Les finances.

Il y a aussi eu le cancer qui est venu par deux fois. Dans tous ces moments-là, où est-ce que vous êtes allée chercher cette force-là, pour être inarrêtable ? Cette détermination, ça vient d’où ?

Alors, l’analyse que j’en fais… Quand on me demandait, avant, pourquoi je voulais partir aux États-Unis, je n’avais pas l’explication. Mais à force d’aller en vacances aux États-Unis, je me suis aperçue que ce qui m’attirait chez eux c’était, effectivement, le fameux mindset. Et leur état d’esprit qui était beaucoup plus positif que le nôtre.

En France et en Europe, on a tendance à voir le verre à moitié vide plutôt que le verre à moitié plein. Et quand je suis arrivée là-bas, j’ai découvert Tony Robbins.

Alors maintenant, aujourd’hui on parle facilement de Tony Robbins. Mais à l’époque c’était autre chose.

Et en fait, j’avais découvert dans son livre le principe de la positive attitude. Ça, je n’en avais jamais entendu parler en France. De me dire qu’on peut être positif, quelle que soit la situation.

Aujourd’hui, dans mes conférences, je dis souvent qu’on peut tout faire, dans sa vie. On peut faire de l’impossible le possible. Qu’on peut contrôler sa vie.

On ne contrôle pas tous les événements de sa vie. Mais on a le pouvoir de contrôler ses décisions, ses choix, quoi qu’il nous arrive.

Donc si un truc grave arrive, notamment comme quand le cancer est arrivé, ou je me dis « je m’écroule ». Il n’y a que du négatif, et je m’écroule.

Alors même si, au départ, c’est « qu’est-ce qui m’arrive ? » et « dans combien de temps je meurs ? » Mais j’ai eu la chance, justement, avant – j’ai eu le premier cancer en 2004 – d’avoir lu le livre d’Anthony Robbins trois mois plus tôt.

Et de se dire : voilà, je comprends maintenant ce qui m’attirait chez ces Américains. C’était leur état d’esprit beaucoup plus positif et cette positive attitude.

Alors même si, au moment de l’annonce, on s’écroule quand même un peu pendant un certain temps, à un moment donné, je me suis dit : cette fameuse positive attitude, c’est peut-être le moment de la mettre en place.

Donc c’est ce livre-là qui m’a permis, une première fois, de faire les choses. Et d’aborder le cancer de façon positive. Même si tout l’entourage disait : maintenant, il faut que tu rentres en France. Tu n’as plus le choix. Tu ne peux pas gérer une société aux États-Unis puis venir te faire opérer en France et faire la navette entre les deux. »

Le médecin, quand je lui ai dit : ok, vous m’opérez et dans trois jours je suis repartie. Il m’a regardée avec des yeux… Et m’a dit : non, non, c’est pas possible. Et moi : si, si, je reviendrai quand il faudra revenir ! Je reviendrai mais…

Et en fait, je crois que c’est ça qui m’a nourrie. Alors peut-être, certaines personnes disent que j’ai une vie antérieure aux États-Unis, je ne sais pas. Mais je crois que c’est ça. C’est ce mindset et cette positive attitude qui m’a nourrie à partir de là.

Donc qui m’a permis, moi aussi, d’avoir un caractère beaucoup plus fort, en réaction à la maladie. En disant « je ne vais pas me laisser abattre ». Et ensuite, de mettre ça en place dans le business.

C’est pour ça qu’en général, je ne décide pas de ce que je vais faire. Je me lance. J’ai un projet, je me lance. Je ne cherche pas à savoir si ça va marcher ou pas marcher. D’abord, je me lance.

Et comme j’ai ce caractère et cette détermination suffisamment forts, j’essaie. Je préfère me casser la figure plutôt que me dire que je n’essaierai jamais.

Et c’est ça aussi qui a été renforcé depuis que je vis aux États-Unis. C’est que pour les Américains, un échec c’est une leçon. Et qu’il faut des tas et des tas de leçons avant d’arriver au succès.

Donc si je fais quelque chose qui ne fonctionne pas, je ne m’écroule plus comme avant. Comme quand j’étais en France où, quand ça ne marche pas, je me dis « qu’est-ce qui se passe ? », et tout est négatif.

Aujourd’hui, c’est « ok, ça n’a pas fonctionné par là, comment je fais fonctionner autrement ? »

Et puis après, c’est aussi s’entourer des bonnes personnes pour avoir que des gens qui soient positifs autour de nous dans cette même mouvance.

Ce qui fait qu’on a des gens qui nous supportent, qui nous soutiennent. Des gens qui ne sont pas jaloux de nos succès. Mais qui sont là aussi pour nous féliciter quand on en a besoin.

C’est pour ça qu’avec mes clients, par exemple, dans mon groupe mastermind, chaque session commence par les célébrations. C’est important que les gens voient ce qu’ils font de positif. Parce que tout seul, on se dit « oui, je fais plein de choses… » Et ils ne prennent pas le temps de regarder ce qui est positif dans ce qu’ils font.

Et plus on fait des choses, et même des petites choses positives, et plus on évolue.

Donc en fait, je crois que le côté « sûre de moi » (on a tous des problèmes, j’en ai aussi), je pense que ça a été renforcé par ce que les Américains m’ont apporté. Par cette caractéristique de cette positive attitude qu’ils peuvent avoir. Et que certains peuvent avoir des jobs très élevés, et demain ils sont serveurs parce qu’ils ont tout perdu… Ils savent qu’ils l’ont fait une fois, donc ils peuvent recommencer.

Donc je crois que c’est cette mentalité américaine qui m’a aidée à dire « on va se relever de ce qui se passe », en fait.

Alors ce qui a lancé la machine, ce qui a lancé ce mouvement-là, c’est le rêve l’aller aux États-Unis. Maintenant, ça, c’est fait. Les États-Unis, même, ce n’est plus New York, c’est Miami. Alors c’est quoi, maintenant, qui nourrit l’envie de continuer ?

Alors c’est une bonne question. Récemment, je me suis dit ok, ça, c’est réussi. Qu’est-ce que je fais ? Parce que je dis toujours qu’il faut avoir quelque chose au fond de ses tripes, pour pouvoir arriver. Parce que si on a une passion pour quelque chose, si c’est dans nos tripes, quels que soient les obstacles, si on a des obstacles, si on sait qu’on veut ça, quoi qu’il arrive, on va se relever.

Si on n’a pas quelque chose d’assez fort, on va avoir un obstacle, deux obstacles, trois obstacles puis on va dire non, c’est pas possible et on va abandonner.

Donc ces derniers temps, la question c’était de me dire, effectivement, c’est quoi mon nouveau projet, mon nouveau rêve, en fait ?

Quand j’ai commencé à coacher sur le marché francophone, c’était entre fin 2011 et début 2012, au moment où il y a eu le boom du blogging. Je me suis dit : « Tiens, il y a des choses qui bougent sur le monde internet en France. Je vais regarder un peu ce qui s’y passe. »

Et une chose qui m’a surprise, c’est de voir que les femmes qui réussissent ne sont pas visibles. Donc on a l’impression que soit on ne les met pas en avant, soit elles se cachent.

J’avais fait, aux États-Unis, un sommet, l’équivalent en français c’est « Succès de femmes ». Je voulais faire l’équivalent « Succès de femmes » en français. Et là où je n’avais pas eu de problème à trouver des femmes aux États-Unis, il m’a fallu deux ans pour trouver les femmes.

Parce que chaque fois que je posais la question : d’après vous, c’est qui les femmes visibles, les femmes qui réussissent et qui peuvent montrer ? Parce que le but, ce n’est pas de dire « regardez, ça fonctionne pour moi ». C’est de servir de role model, en fait. Parce que plus on en aura, plus on aidera les femmes.

Et donc, il m’a fallu deux ans. Et donc ma mission, maintenant, si je puis dire, c’est justement d’aider les femmes à développer leur visibilité. De montrer qu’en tant que femme on peut être indépendante. Et pas que financièrement.

Mais on est indépendante financièrement, on peut être indépendante dans sa vie, dans sa vie professionnelle. On peut réaliser tout ce que l’on souhaite. Et que le fait d’être visible, c’est pas une question d’ego. C’est juste une question que si on va être visible, on va aider d’autres femmes à lancer des projets qu’elles ne pensaient peut-être pas possibles.

Et comme j’ai fait le premier « Succès de femmes » en 2014 ou 2015, je ne sais plus. En 2015, et le deuxième en 2016. En fait, je crois que j’avais plus de 3000 femmes qui étaient inscrites en ligne. C’était un sommet en ligne. À l’époque, j’avais plus de 3000 femmes.

Et en fait, j’ai reçu plein d’emails après, de femmes me disant « Merci. Je voulais monter ma société, mais je n’ai pas l’entourage qu’il faut. Je pensais que ça n’était pas possible. Que les femmes comme moi ne peuvent pas le faire. Et là, vous m’avez montré plein de modèles. »

Parce que justement, le but de montrer ces femmes qui ont réussi, c’est quoi le parcours ? Parce qu’une fois de plus, il y a des hauts et des bas. Je ne connais personne qui est monté tout de suite, directement, avec que du succès. On passe par des hauts et des bas.

Mais comment on remonte quand on est en bas ? Comment on fait pour remonter ?

Et donc beaucoup de femmes, ensuite, se sont lancées. Finalement, ont réussi à monter leur business. En disant : maintenant que vous m’avez montré des exemples de femmes, et que c’est possible… Je sais que ça ne va pas être facile, mais que si j’ai ça dans les tripes, comme je dis toujours, donc je peux le faire.

Donc en fait, ça m’a réconfortée. Puisque je me suis dit, effectivement, « je sers à quelque chose ». Et si, de la même façon que moi j’ai eu des role model aux États-Unis, qui m’ont aidée à développer mon business, à développer ma confiance en moi, cette motivation et cette détermination, eh bien voilà. Si je peux aider des femmes, en France, à faire la même chose, et que toutes ensemble, parce que ce n’est pas juste une personne. C’est que toutes ensembles, ces femmes qui acceptent maintenant d’être visibles, c’est des exemples pour les autres. Et il y en aura de plus en plus.

Tout à l’heure, j’étais à un déjeuner. Je n’ai pas entendu le chiffre, mais quelqu’un disait que maintenant, le pourcentage de femmes qui veulent monter leur business est plus important que le nombre d’hommes qui veulent monter leur business.

Donc ça veut dire qu’on y arrive petit à petit.

Les choses bougent, les choses avancent.

Tout à fait.

Super ! Alors ma question conclusion, pour cet interview, c’est justement pour quelqu’un qui voudrait se lancer mais qui est freiné soit parce qu’il ne sait pas quoi faire, soit parce que trop de peurs et de choses comme ça… Qu’est-ce que vous pourriez donner comme conseil ? Un truc pour, au moins, lancer le mouvement, amorcer quelque chose.

Alors, j’ai un livre qui s’appelle « Sauter le pas ». Ça explique bien qu’il faut savoir sauter le pas. Mais en fait, moi je dis toujours, lancez-vous, et vous verrez après.

Je ne dis pas de faire comme moi, hein ! De lâcher son job un vendredi soir. Il faut se préparer. Mais on peut très bien avoir une passion.

Le sous-titre de mon livre, c’est « Transformez vos passions en business à succès ».

Beaucoup de gens voudraient monter un business mais ne savent pas nécessairement quoi faire. Mais on a tous des passions.

Après, ça ne veut pas dire, parce qu’on a une passion, que ça devient un business.

Mais, une fois de plus, qu’est-ce qu’on a dans nos tripes ? Qu’est-ce qu’on veut faire ? Et qu’est-ce qui fait que, si on n’a que des obstacles en face de nous. S’il faut travailler 24 heures sur 24. Et qu’on devait ne pas être payé. Qu’est-ce qu’on a, qu’est-ce qui nous passionne suffisamment pour passer tous ces obstacles ? Qu’est-ce qu’on ferait ?

Donc ça, c’est déjà de savoir ce que l’on va faire.

Après, l’erreur que j’ai faite, au démarrage, et quand j’ai commencé mon business en 1998, en France, il n’y avait pas de coach. Maintenant, tout le monde est devenu coach. Mais il n’y avait pas de coach à l’époque.

Donc je n’avais pas de personne vers qui je pouvais aller à l’époque. On n’avait pas les réseaux sociaux, non plus. Donc c’était juste… je vais lire quelques livres et puis je vais voir ce que les autres disent.

Mais en fait, c’est de se faire accompagner assez rapidement. Parce que quand on démarre, et qu’en plus on n’a pas beaucoup de financement, on ne peut pas rester des mois ou des années à tenir, comme ça.

Donc si on se fait accompagner… Parce que même les personnes qui démarrent une activité, et qui ont, par exemple, vingt ans d’expérience dans leur business, ou dans leur job, et qui se lancent pour être indépendants, ils connaissent bien leur job. Par contre, on ne leur a jamais appris à faire du marketing. On ne leur a pas appris à trouver des clients.

Donc c’est cette partie-là qui est compliquée. En plus, souvent, c’est beaucoup plus compliqué de se vendre soi que de vendre les services de quelqu’un d’autre.

Pendant 7 ans j’ai eu la société de télémarketing, je passais 6 heures par jour au téléphone, je vendais le produit des autres. Si on me dit non, il n’y a pas d’affect pour moi.

Par contre, quand j’ai commencé à vendre mes services, on me dit non, il y a un côté émotionnel : on ne veut pas de moi ? On ne m’aime pas ? Ou ceci, ou cela…

Donc pour savoir comment vendre, à qui le vendre, comment le vendre et trouver les meilleurs clients le plus rapidement possible, là c’est important de se faire accompagner. Ou en tout cas de lire suffisamment. Ou de prendre des formations.

Pour éviter les erreurs. Parce qu’on va tous faire des erreurs. Quand on se fait accompagner on fait quand même des erreurs. Mais on va en faire beaucoup moins. Donc on va gagner du temps et de l’argent en investissant, en trouvant les bonnes personnes dès le démarrage. Pour nous aider.

 

Retrouvez Biba sur son site : www.bibapedron.com

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