Longtemps, je me suis demandé pourquoi les gens se levaient le matin, ce qui les animait.
Je les regardais avancer dans leur quotidien avec une forme d’évidence qui m’échappait complètement.
Se lever, aller travailler, construire une vie, recommencer le lendemain… tout cela me semblait étrange, absurde, vide de sens.
Alors j’ai cherché.
J’ai exploré les thérapies, les médicaments, le développement personnel, la spiritualité.
Je me suis formée, j’ai accompagné des personnes pendant des années en kinésiologie, écrit des livres, donné des conférences et des formations.
Tout cela était profondément sincère.
Et tout cela m’a beaucoup nourrie.
Mais avec le temps, j’ai compris que, derrière cette quête, il y avait toujours la même recherche : comprendre la vie.
Je cherchais le sens dans les mots, dans les idées, dans la réflexion.
Au fond, je cherchais à comprendre la vie sans vraiment l’habiter.
Puis la terre est entrée dans ma vie.
Au départ, c’était simplement une activité manuelle.
Un espace de création.
Un moment de calme et de silence.
Et peu à peu, j’ai compris que quelque chose de beaucoup plus profond se jouait là.
En travaillant la terre, j’ai découvert une expérience très simple et nouvelle pour moi : celle d’être réellement présente à ce que je fais.
Sentir la matière sous mes mains.
Entrer dans un autre rythme.
Prendre le temps.
Être là, tout simplement.
La terre ne me demande pas de comprendre.
Elle me demande d’habiter.
Aujourd’hui, mon travail autour de la céramique est devenu une manière de m’ancrer, de revenir au corps, au geste, au réel.
Je crée des pièces uniques, j’explore les matières, les formes et les textures, dans une recherche à la fois sensible et intuitive.
Et j’ai à cœur d’ouvrir progressivement cet espace à d’autres.
Pas seulement pour apprendre une technique, mais pour vivre un moment différent.
Un moment où l’on ralentit.
Où l’on crée avec les mains.
Où l’on peut déposer un instant ce qui nous agite.
Où l’on retrouve quelque chose de simple, de vivant, de profondément humain.
Parce qu’au fond, c’est peut-être cela que je cherchais depuis le début : une manière plus vraie d’habiter le monde.
